Jeux de hasard et d'argent : aspects fondamentaux, cliniques et socioéconomiques dans le développement et le maintien du jeu excessif

 

Isabelle Giroux

Université Laval

 

Action concertée :Programme de recherche sur les impacts socioéconomiques des jeux de hasard et d'argent 2011-2012 Lancement : Avril 2011

Volet : Soutien aux équipes

Partenaire : Ministère de la Santé et des Services sociaux

Les joueurs à risque (JAR) représentent 1,3% de la population adulte au Québec. Cependant, cette clientèle fait l'objet de très peu d'études et d'interventions, malgré les demandes des intervenants et les préoccupations des chercheurs soulignant l'importance de prévenir et d'intervenir précocement. Or, le seul traitement au Québec qui cible principalement cette clientèle est le programme JEu me questionne (JMQ), un outil d'intervention s'inspirant des meilleures approches thérapeutiques. Utilisant une formule d'intervention semi-autonome (un cahier d'exercice d'approche cognitivo-comportementale à utiliser à la maison accompagné d'interventions téléphoniques motivationnelles ponctuelles), JMQ permet au joueur de modifier ses habitudes de jeu à son rythme sans rencontre en face à face avec un professionnel. Une étude d'impact réalisée récemment confirme la présence d'améliorations notables chez les participants. Comme les connaissances empiriques tendent à supporter l'idée qu'un manuel d'auto-traitement combiné avec l'approche motivationnelle (une intervention exerçant un impact pour favoriser la diminution des habitudes de jeu ou l'abstinence), il est opportun, à ce stade de connaissances, de valider scientifiquement l'efficacité de JMQ. Le présent projet vise donc à évaluer l'efficacité de JMQ en comparant les résultats du programme à ceux d'un groupe contrôle. Cent JAR seront recrutés pour cette troisième phase de l'étude. Nous postulons que les participants du groupe bénéficiant du traitement présenteront une diminution statistiquement significative de leurs habitudes de jeu comparativement à ceux en liste d'attente et que ces gains seront maintenus aux suivis de un, six et douze mois. Les autres objectifs de cette étude consistent à bonifier le programme à l'aide des commentaires des participants lors de l'étude de faisabilité (phase I) ainsi qu'à mettre à l'essai différentes publicités de recrutement lors de la tenue de groupes de discussion afin de mieux rejoindre les joueurs (phase II). Ce projet de recherche, couvrant plusieurs axes et sous-axes jugés prioritaires par l'appel de propositions de l'Action concertée, fournira les dernières assises nécessaires à l'implantation du programme JMQ à une plus grande échelle, possiblement en tant que service de première ligne. La réalisation de ce projet fournira des données inédites sur les JAR en lien avec les caractéristiques sociodémographiques, les troubles anxieux et de l'humeur ainsi que la réceptivité à un programme d'auto-traitement. Le programme JMQ s'adressera aux JAR qui désirent modifier leurs habitudes de jeu mais qui ne font pas appel aux ressources traditionnelles. Ce programme, s'il s'avère efficace, sera une alternative accessible et avantageuse aux JAR qui souhaitent modifier leurs habitudes de jeu sans avoir à se déplacer pour rencontrer un thérapeute sur une base régulière. JMQ pourra devenir un outil novateur et exemplaire d'intervention préventive auprès des joueurs et, en ce sens, constituer un excellent investissement sur le plan social et de la santé. À la fin du projet de recherche, les intervenants seront les premiers ciblés dans la transmission des connaissances et nos milieux cliniques partenaires attendent déjà avec impatience que ce programme fasse ses preuves afin de pouvoir offrir à leur clientèle une nouvelle forme d'intervention adaptée à leur besoin réel.

Appel de propositions

Pour consulter l'appel de propositions, cliquez ici.

Co-chercheurs

Stéphane Bouchard, Université du Québec en Outaouais
Claude Boutin, Maison Jean Lapointe
Philippe Grégoire, Université Laval
Olivier Pelletier, Centre hospitalier universitaire de Québec
Lynda Poirier, Centre de traitement de dépendances CASA
Serge Sévigny, Université Laval

Collaborateurs

Isabelle Beaudoin, Université du Québec à Rimouski
James Eaves, Université Laval
Marie Grall-Bronnec, Université de Nantes
Robert Ladouceur, Université Laval
Daniel Lalande, Université du Québec à Montréal
Philippe Landreville, Université Laval
Martine Simard, Université Laval
Jean-Luc Venisse, Université de Nantes

Durée du projet et date de dépôt du rapport final

Le projet est d'une durée de 2 ans et le rapport final est attendu en mai 2014.