C'est la méthode qui compte



Pour trouver l'angle manquant dans un triangle, l'élève du primaire le mesurera avec un rapporteur d'angle. Mais une fois au secondaire, on lui demandera de trouver la réponse par un raisonnement déductif. Il devra donc comprendre que, connaissant la mesure des deux premiers angles du triangle, il peut effectuer un calcul pour trouver celle du dernier.

Les élèves sont mal préparés à ce changement abrupt qui les fait passer du raisonnement purement pratique à un raisonnement déductif.

Cet exemple illustre bien le changement de raisonnement que l'on demande aux élèves dans l'apprentissage de la géométrie lorsqu'ils arrivent au secondaire.

Selon Stéphane Cyr, professeur-chercheur en didactique des mathématiques à l'Université du Québec à Montréal, les élèves sont mal préparés à ce changement abrupt qui les fait passer du raisonnement purement pratique à un raisonnement déductif basé sur la théorie.

À leur arrivée au secondaire, les élèves ont donc du mal à formuler des preuves et à apporter des arguments bien structurés pour justifier les réponses données à des problèmes. Pendant trois ans, le chercheur a testé auprès de classes de sixième année la possibilité de présenter graduellement aux élèves la différence entre une mesure et un raisonnement déductif. À l'aide de petits exercices simples, il leur a d'abord montré qu'il y avait des imprécisions dans une mesure et qu'un raisonnement déductif permet d'obtenir des résultats plus précis. Les élèves ont très bien compris la différence et, par la suite, lorsqu'une mesure leur donnait un résultat imprécis, ils passaient spontanément à la méthode déductive.

Stéphane Cyr croit que son étude montre bien que les jeunes élèves ont déjà les capacités nécessaires pour accomplir ce passage graduel vers une nouvelle méthode de résolution de problème.