Le nouvel art de raconter des histoires



Un récit cinématographique se raconte de façon linéaire sous la forme d'une suite de plans et de séquences. La caméra prend en charge les regards. A contrario, d'autres formes de création, comme les jeux vidéo, reposent principalement sur des environnements immersifs permettant d'imaginer une infinité de points de vue. Yan Breuleux se pose la question de savoir comment raconter une histoire quand on ne maîtrise plus complètement ce qui est regardé.

C'est en tenant compte des différents points de vue que l'on peut construire un récit.

Chercheur à l'École des arts numériques, de l'animation et du design de l'Université du Québec à Chicoutimi, il élabore des cadres conceptuels et des méthodes de production adaptés aux nouveaux médias. Il met ensuite à l'épreuve ses avancées théoriques dans des projets concrets de narration immersive, comme le projet Nuée | Swarm. Présenté en 2015, ce dernier transpose dans un dôme de 360 degrés une composition audiovisuelle nommée Tempêtes.

Dans un contexte immersif, on peut regarder où on veut. Plutôt que de simplement observer l'environnement, on l'utilise. C'est en tenant compte de ces différents points de vue que l'on peut construire un récit. Yan Breuleux a réalisé plusieurs études de cas de ce type. Au final, elles montrent l'importance de l'espace dans la narration et du positionnement des points de vue. Un environnement filmé à ras le sol donne l'impression d'être un insecte. Le même environnement filmé à partir du ciel nous fera plutôt sentir comme un oiseau. 

Cependant, ce type de narration fait émerger un autre paramètre important : le fonctionnement de l'attention. Les recherches futures de Yan Breuleux s'orientent vers des collaborations avec des spécialistes des sciences cognitives et de la psychologie, afin de bien comprendre le fonctionnement des mécanismes de l'attention dans un milieu immersif et de les utiliser dans les nouvelles formes de narration.