Développement et évaluation d'un programme de formation en alternance en sciences et technologies (FAST) pour élèves en difficulté de milieux défavorisés



– Papa, maman, je suis « tanné » du secondaire. J'ai envie de me trouver un emploi.

– Mon garçon, ma fille, il faut commencer par aller à l'école avant de penser au travail.

– Oui mais c'est « plate » l'école! Et puis je comprends rien! Ça manque de concret les sciences. Je suis « poche » et je n'y arriverai jamais.

– Qu'est-ce que tu veux que je te dise? L'école est faite comme ça. Il faut que tu te forces pour avoir au moins un secondaire 5…

Que faire pour que les élèves en difficulté ou de milieux défavorisés transforment leur relation aux sciences et technologies?

Ce dialogue entre parent et adolescent est caractéristique d'une conception encore bien présente dans l'imaginaire collectif : la linéarité du parcours école – travail. Il est aussi illustratif de la démotivation, du sentiment d'incompétence et des difficultés que les jeunes provenant de milieux défavorisés peuvent vivre dans l'apprentissage des sciences et technologies. Pourtant, au plan socioéconomique, les besoins de main-d'œuvre qualifiée dans ce secteur sont croissants. De plus, la maitrise d'une culture technique et scientifique de base facilite l'intégration sociale.

Dans ce contexte, que peut-on faire pour que les élèves en difficulté ou de milieux défavorisés transforment leur relation aux sciences et technologies? C'est en ayant cette préoccupation en tête que les collaborateurs du projet FAST – Un programme de formation en alternance en sciences et technologies –  ont mis en place et raffiné, sur une période de trois ans, deux modèles de formation en alternance école – travail. Le premier modèle a fait davantage entrer l'entreprise dans l'école (création d'une entreprise à but non lucratif en milieu scolaire) alors que cela a été l'inverse dans le second modèle (réalisation de stages en milieux de travail). Les principaux aspects documentés ont été les suivants : les conditions d'implantation des modèles, incluant le rôle des technologies de l'information et de la communication (TIC); l'incidence des modèles sur la façon dont les élèves se situent par rapport aux sciences et technologies.

Les résultats de la recherche indiquent qu'une mise en œuvre réussie de tels modèles requiert une concertation importante au sein de l'école, ainsi que des ressources humaines et financières qui sont actuellement peu disponibles. De plus, les TIC ont été mises à contribution à l'école alors que leur utilisation a été restreinte lors des séjours en milieux de travail. Par ailleurs, des résultats positifs ont été constatés pour les élèves. Une forte proportion a découvert une signification positive aux sciences et technologies, a constaté la pertinence de persévérer afin d'obtenir son diplôme d'études secondaires et a augmenté son rendement scolaire.

Chercheure principale

Thérèse Laferrière, Université Laval

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : septembre 2014