Comparaisons des bilans routiers du Québec et de l'Ontario



En tenant compte des différences d'effectif et de répartition par âge de la population, le Québec enregistrait un taux de mortalité routière de 12 à 50 % supérieur à l'Ontario durant les années 2000 à 2010.

Durant la même période, le Québec a aussi connu un taux de morbidité grave sur les routes de 35 à 80 % supérieur à celui de l'Ontario. Ces écarts sont encore plus importants chez les hommes et chez les jeunes de 16 à 24 ans.

Cette recherche visait à identifier les principaux facteurs pouvant expliquer les écarts entre les taux de mortalité et de morbidité grave dues aux accidents de la route dans les deux provinces.

Inspiré de la perspective des systèmes et en se basant sur une méthodologie mixte, l'objectif de cette recherche visait à identifier les principaux facteurs pouvant expliquer les écarts entre les taux de mortalité et de morbidité grave dues aux accidents de la route dans les deux provinces. Les résultats de la présente recherche suggèrent que deux séries de facteurs expliquent en partie la meilleure performance de l'Ontario en matière de bilans routiers.

Premièrement, l'Ontario a adopté des mesures plus restrictives pour s'attaquer à l'alcool au volant. Le taux d'alcoolémie permis pour la conduite d'un véhicule automobile s'établit à 50mg/100ml alors qu'il est toujours de 80mg/100ml au Québec. De plus, l'âge légal pour consommer et acheter de l'alcool en Ontario est de 19 ans comparativement à 18 ans au Québec. La vente d'alcool est également plus restrictive en Ontario qu'au Québec, en ce qui a trait aux points de vente et aux heures de service dans les commerces de restauration.

Deuxièmement, le programme d'accès graduel à la conduite est plus restrictif en  Ontario qu'au Québec. Les apprentis conducteurs de l'Ontario n'ont pas le droit d'être accompagnés de passagers ayant moins de quatre ans d'expérience et ne peuvent pas conduire entre minuit et 5 heures du matin de même que sur les voies rapides. En adoptant des mesures similaires, le Québec pourrait améliorer son bilan routier.

Chercheur principal

Robert Bourbeau, Université de Montréal

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : février 2016