Un examen détaillé des circonstances entourant la persévérance et le décrochage scolaires chez des jeunes de différents milieux



Un consensus existe en ce qui concerne l'importance de la prévention précoce pour réduire le décrochage, dès le préscolaire voire même avant.

Mais est-ce que cela signifie qu'il est trop tard pour intervenir vers la fin du secondaire?

Cette étude visait à répondre à cette question, en vérifiant si ce que les jeunes vivent en fin de parcours au secondaire peut encore infléchir les trajectoires scolaires, pour le meilleur ou pour le pire. L'étude visait aussi à examiner si les contextes entourant le décrochage et la persévérance étaient les mêmes à Montréal et dans les municipalités régionales de comté (MRC) rurales ou semi-rurales.

Le risque de décrocher fluctue selon les aléas de la vie, et ce jusqu'à la toute fin du secondaire.

Les résultats montrent que, lorsqu'un évènement négatif sévère survient dans la vie d'un élève, le risque de décrocher triple dans les mois suivants. Certains évènements, notamment ceux en lien avec l'école ou la famille, jouent un rôle important dans tous les milieux, mais les conflits avec les pairs et l'intimidation jouent un rôle prépondérant en MRC, alors que les problèmes de nature légale précèdent le décrochage particulièrement souvent chez les élèves montréalais.

Inversement, d'autres facteurs semblent atténuer le risque de décrocher, en particulier la participation à des activités parascolaires. Toutefois, cet effet s'observe surtout dans les écoles où la participation est élevée chez tous les élèves, incluant les élèves vulnérables au plan scolaire. De plus, le rôle protecteur des activités parascolaires s'évapore lorsque la participation cesse, par exemple en raison de coupures budgétaires ou de l'exclusion d'élèves ne respectant plus certains critères d'admissibilité.

En somme, le risque de décrocher n'est pas statique : il fluctue selon les aléas de la vie, et ce jusqu'à la toute fin du secondaire. Un meilleur repérage « en temps réel » des périodes de turbulences pourrait permettre à plusieurs élèves d'être mieux soutenus en temps de crise, et d'émerger de ces périodes sans décrocher.

Chercheure principale

Véronique Dupéré, Université de Montréal

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : mars 2017