La science de la radicalisation et de la déradicalisation : une synthèse des connaissances permettant de détecter, prévenir et d'intervenir sur la base des données probantes



La radicalisation ne mène pas nécessairement à l'extrémisme violent.

Dans le cadre de cette synthèse des connaissances, on entend que se radicaliser signifie d'adopter des croyances politiques ou religieuses qui ne sont pas partagées par la plupart des gens. On parle d'extrémisme violent lorsque les croyances adoptées incitent à la violence. Divers degrés de radicalisation existent. Les individus les plus radicaux sont ceux qui sont prêts à tout sacrifier pour soutenir leur cause.

Se radicaliser signifie d'adopter des croyances politiques ou religieuses qui ne sont pas partagées par la plupart des gens.

Dans cette étude, les connaissances scientifiques actuelles ont été intégrées dans un cadre théorique cohérent et parcimonieux : le modèle des 3 C de la radicalisation, qui postule que la radicalisation menant à la violence se produit à la suite de la confluence de trois éléments : l'activation d'un Catalyseur, la présence de Croyances idéologiques et un Cercle de Pairs adhérant à ces mêmes croyances. Ces mêmes éléments peuvent aussi amorcer le processus de déradicalisation.

Dans le cas du Catalyseur, des études soutiennent que la quête de sens personnel est essentielle à la radicalisation. Elle peut s'activer si l'individu perçoit une perte de sens ou s'il entrevoit une occasion de gain de sens. Le Cercle de pairs expose l'individu à une idéologie radicale et légitime l'emploi de moyens violents tout en récompensant la personne prête à défendre la cause. Les Croyances du modèle sont celles qui proposent un moyen violent pour permettre à l'individu d'acquérir un sens personnel.

Des caractéristiques sociodémographiques sont davantage associées à la radicalisation (classe moyenne, ménages à faibles revenus, bonne éducation, antécédents criminels, jeune âge). Des traits de personnalité sont également associés à la radicalisation menant à la violence comme le narcissisme collectif, le besoin de fermeture cognitive ou la recherche de sensations fortes.

À notre connaissance, le seul programme de déradicalisation à avoir été évalué empiriquement est celui au Sri Lanka. Il se base sur les 3 C et semble efficace pour mener à la déradicalisation. En prévention, le programme « Diamant » par Feddes et coll. a été évalué et les résultats démontrent qu'il réduit le soutien à une idéologie qui prône la violence. Ce programme de prévention appuie aussi le modèle des 3 C, cherchant à redonner du sens personnel aux participants. L'étude de Schumpe, Bélanger, Giacomantonio, Nisa et Brizi démontre également que les participants exposés à une solution pacifique pour faire avancer leur cause expriment un moindre attrait pour la violence politique.

Chercheure principale

Julie Caouette, Collège John Abbott

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : décembre 2018