Détecter les séquelles de la maltraitance sur le plan cognitif



L'impact de la maltraitance sur le développement cognitif et affectif à l'adolescence reste assez mal documenté. C'est pourtant un élément crucial pour identifier les facteurs de risque qui menacent ces jeunes et les mesures de protection à instaurer pour les accompagner.

Cette recherche démontre la présence de difficultés cognitives et affectives liées à la maltraitance et l'importance de les détecter rapidement et de les prendre en charge.

Caroline Cellard, chercheuse à l'École de psychologie de l'Université Laval, a mené un projet auprès de jeunes âgés de 12 à 17 ans. L'échantillon se composait de 39 jeunes des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches qui avaient subi de mauvais traitements physiques ou psychologiques et d'un groupe témoin de 40 autres qui, a priori, n'avaient pas connu ce type de situation. Au cours de deux à trois rencontres, ils ont tous été évalués à l'aide de questionnaires documentant leur état psychoaffectif, mais aussi de tests permettant de mesurer des domaines cognitifs tels que la mémoire, les capacités d'organisation et de planification, et la vitesse de traitement de l'information.

Des différences significatives ont été observées entre les deux groupes. Les jeunes victimes de maltraitance obtenaient en moyenne des résultats inférieurs dans les exercices évaluant les domaines cognitifs ; ils étaient aussi plus susceptibles d'afficher des signes d'anxiété, de dépression ou de piètre estime d'eux-mêmes. Les questionnaires ont par ailleurs montré qu'ils avaient connu plus d'événements difficiles générateurs de stress, par exemple, des changements de milieu de vie, la séparation de leurs parents ou la perte d'un proche.

Cette recherche démontre la présence de difficultés cognitives et affectives liées à la maltraitance et l'importance de les détecter rapidement et de les prendre en charge. Il est important de sensibiliser les intervenants et intervenantes à la possibilité que de telles difficultés se manifestent. Caroline Cellard a d'ailleurs pu présenter les conclusions préliminaires de sa recherche à certains de la région de Québec et en France.