Mieux coordonner la production de porcs au Québec



Pendant longtemps, les porcs au Québec étaient vendus aux abattoirs par les producteurs lors d'un encan. En 2009, ce canal unique de vente a été remplacé par des ententes plus directes entre les producteurs et les abattoirs. Cette nouvelle approche a-t-elle eu des effets positifs sur la coordination de la production porcine?

Les producteurs se soucient davantage d'être bien perçus par les abattoirs, ce qui les pousse à améliorer divers aspects de leur production.

Annie Royer, chercheuse en économie agroalimentaire à l'Université Laval, a jumelé un cadre théorique issu des sciences économiques à un autre provenant des sciences de la gestion, pour identifier des indicateurs de performance et évaluer la satisfaction des acteurs de la filière porcine.

Les théories économiques soutiennent que le passage d'un encan (marché) à une coordination reposant sur des ententes directes entre producteurs et abattoirs (contrat) devrait réduire les incitations économiques. Dans un marché, par exemple, le producteur sera encouragé à produire à moindres coûts, afin d'être plus compétitif. On trouve moins ce type d'incitations dans une entente contractuelle, car il est remplacé par des contrôles (bonus ou pénalités prévus au contrat, par exemple).

Or, les travaux de l'équipe d'Annie Royer montrent que ces incitations ne diminuent pas dans le nouveau modèle, mais changent de nature : elles deviennent réputationnelles. Les producteurs se soucient davantage d'être bien perçus par les abattoirs, ce qui les pousse à améliorer divers aspects de leur production.

L'étude montre que le nouveau modèle améliore globalement la performance de la coordination de la production porcine, mais qu'elle plafonne éventuellement sous certains aspects. Par exemple, la mise à jeun des porcs avant l'abattage et la visibilité de leurs tatouages (traçabilité) se sont améliorées après le passage à un système de relations directes, mais ces progrès ont stagné. Cela indique que certains éléments du modèle restent à affiner.