Soutenir le développement professionnel d'enseignantes du primaire pour améliorer les pratiques d'enseignement et d'évaluation de la lecture et de l'écriture en contexte autochtone, à l'ère des tic

 

Christiane Blaser

Université de Sherbrooke

 

Action concertée : Programme de recherche sur l'écriture et la lecture

Volet : Projet de recherche-action

Partenaire : Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur

La croissance rapide de la population autochtone au Québec génère une pression croissante sur l'éducation dans ce milieu. Même si la scolarisation des Autochtones s'est améliorée depuis le programme d'amérindianisation qui, dans les années 1970, a permis à cette population de se réapproprier son éducation, la situation est encore loin d'avoir atteint le niveau attendu dans une société lettrée : le nombre de personnes chez les Premières Nations n'ayant aucun certificat, diplôme ou grade s'élève encore à 46,3 % contre 24,8 % chez les non-Autochtones (MELS, 2009). De plus, le niveau de littératie de cette population est inférieur à celui de la population canadienne : 40,3 % seulement de la population autochtone atteint le niveau 3 ou plus de littératie comparativement à 51,9 % de la population non autochtone. Sachant qu'au nombre des obstacles entravant la réussite et la persévérance scolaires des Premières Nations figurent les problèmes liés à l'enseignement de la langue, le manque de qualification du personnel enseignant ainsi que le manque de connaissances des enseignants relatives à l'intégration de la culture autochtone, nous nous intéressons, dans cette recherche-action, au développement professionnel d'enseignantes travaillant en milieu autochtone. Ce projet vise d'abord à soutenir le développement professionnel d'enseignantes d'une école primaire de l'Abitibi-Témiscamingue dans le but d'améliorer les pratiques d'enseignement et d'évaluation de la lecture et de l'écriture, puis de systématiser le dispositif de développement professionnel et enfin de produire des ressources didactiques mobilisables dans d'autres écoles. Il s'inscrit dans la continuité d'une précédente recherche-action (da Silveira, Blaser, Maheux, Moldoveanu et Pellerin, 2015) qui visait le développement de la compétence à écrire d'élèves anishnabe et innus. Les résultats de la première recherche montrent qu'un accompagnement soutenu des enseignantes entraine des changements de pratiques durables et des effets positifs sur la compétence à écrire des élèves. La qualité de la relation établie avec des membres du personnel de l'école ayant participé à la première recherche, de même que les besoins identifiés dans ce contexte nous convainquent de poursuivre le travail entrepris et de l'élargir à l'enseignement et à l'évaluation de la lecture et de l'écriture. Dans cette nouvelle recherche-action, en partenariat avec la direction et le personnel enseignant, nous commencerons par équiper les classes de « coins-littérature » de façon à garantir la disponibilité du matériel indispensable au développement des compétences langagières des élèves; puis nous concevrons  un dispositif pour soutenir la construction, l'expérimentation et la généralisation de moyens d'action visant à améliorer les pratiques d'enseignement et d'évaluation de la lecture et de l'écriture respectant les modes d'apprentissage des élèves autochtones, leur réalité linguistique, et leur spécificité culturelle. La méthodologie de la recherche-action sera structurée autour de deux groupes de travail – un collectif élargi et un collectif restreint – dont les processus de fonctionnement et les productions collaboratives seront recueillis et analysés pour le bénéfice du projet.

Appel de propositions

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Cochercheurs

- Yvonne Da Silveira, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
- Sammy Kistabish, École Migwan
- Julie Mowatt, École Migwan
- Isabelle Nizet, Université de Sherbrooke

Membres collaborateurs

- Martin Lépine, Université de Montréal
- Marguerite Mowatt, École Migwan
- Frédéric Saussez, Université de Sherbrooke

Durée du projet, montant octroyé et date de dépôt du rapport final

Le projet est d'une durée de 3 ans. Le montant total octroyé est de 175 000 $. Le rapport final est attendu pour le 1er juillet 2019.