Politiques sociales et inclusion : Une étude comparative sur l'action communautaire et les jeunes noirs à Montréal et à Toronto

 

Anne-Marie Livingstone

Johns Hopkins University

 

Action concertée : Pauvreté et exlusion sociale - Phase 3

Volet : Supplément de bourse

Partenaire : Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Ministère de la Santé et des Services sociaux, Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et la  Société d'habitation du Québec

La présente enquête a été entreprise afin d'étudier le rôle des programmes communautaires dans l'intégration des jeunes de la communauté noire à Montréal et à Toronto. Une étude comparative et qualitative a été menée dans deux quartiers défavorisés où il y a une grande proportion de familles noires. Pour une période de six mois dans chaque quartier, des observations ont été complétées ainsi que des entrevues avec divers acteurs, tels que des jeunes, leurs parents, des travailleurs communautaires, et des représentants d'organismes publiques.
Les résultats de l'étude illustrent qu'il existe des différences importantes au niveau du nombre, du statut et des approches développées pour répondre aux besoins des jeunes dans les deux quartiers. De façon générale, les services communautaires pour jeunes sont plus variés et nombreux dans le quartier à Toronto qu'à Montréal. A Montréal, les services communautaires visent plutôt les familles et les jeunes enfants que les adolescents. Il semble que cela reflète des priorités politiques dans les deux villes et provinces. A Toronto, depuis l'année 2005, quand il y a eu une augmentation de la violence impliquant des jeunes de quartiers défavorisés, plusieurs des jeunes garçons noirs, les acteurs du milieu gouvernemental et philanthropique ont décidé d'investir de nouvelles sommes dans les interventions pour la jeunesse. En Ontario et à Toronto, les politiques sociales et approches communautaires ont été influencés par le concept de « positive youth development» ou « développement positif des jeunes » qui met de l'avant une vision écologique des besoins des jeunes et une approche transversale dans les services communautaires. A Montréal, les services pour jeunes ont été influencés depuis les années 2000 par le « Plan d'intervention sur les gangs de rue » du Ministère de la Sécurité Publique, qui vise la délinquance juvénile et la prévention de l'adhésion aux gangs. En pratique, cela donne naissance à une approche plus pointue qui vise plus particulièrement des groupes de jeunes vivant avec des difficultés plus complexes que d'autres. La richesse du quartier à Montréal se trouve dans la gamme et le nombre de services pour la population locale; on trouve plus de services pour parents, immigrants et ainés, contrairement à Toronto où ces services sont beaucoup moins disponibles ou même inexistants. Dans le quartier à Toronto, l'accent sur la jeunesse prend tant de place qu'il existe une disproportion entre la quantité des activités pour jeunes versus toute autre population.
Dans une deuxième étape de l'étude, les questions se pencheront sur deux thématiques: 1) l'origine et l'évolution des différentes politiques sociales envers la jeunesse au Québec et en Ontario et leurs répercussions sur l'action communautaire en terme de vision, d'approche, de financement et d'innovation; 2) les forces et faiblesses des politiques sociales et des services communautaires dans chaque contexte en ce qui a trait à l'intégration et le développement des jeunes adolescent noirs.
Afin de répondre à ces questions, des entrevues sont en cours avec des représentants d'agences de la ville et de la province et avec des acteurs de la société civile à Toronto et à Montréal, en même temps qu'une lecture des politiques sociales dans chaque province. Au Québec, les politiques sociales qui font l'objet d'analyse sont le « plan d'intervention sur les gangs de rue » et la « Politique Québécoise pour la jeunesse. » En Ontario, les politiques principales sont le « Youth action plan » (Plan d'action pour les jeunes) du gouvernement provincial, et le « Youth Equity Strategy » (Strategie d'equité pour les jeunes) de la Ville de Toronto.
En intégrant une analyse des services communautaires et des politiques sociales, l'étude donnera un regard multi-dimensionnel sur l'efficacité et l'impact des mesures contre la pauvreté, plus particulièrement auprès de jeunes noirs et jeunes « racisés » à Montréal et à Toronto. Cette analyse comparative sera en mesure d'expliquer comment deux provinces ont choisis de répondre à des enjeux semblables (ex. exclusion sociale, délinquance et violence juvénile), quels facteurs expliquent les différences politiques et organisationnelles, et ce que cela veut dire pour l'intégration sociale et le développement de jeunes de milieux défavorisés.

Appel de propositions

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Montant octroyé

Le montant octroyé est de 5 000 $ pour 2015-2016 en plus de la bourse régulière FRQSC.