Les représentations du « passé de l'autre » dans l'historiographie russe : la Pologne, l'Ukraine, les États baltes et la Géorgie dans le miroir de la revue de l'Institut d'histoire de l'Académie russe des sciences de 1926 à nos jours

 

Tristan Landry

Université de Sherbrooke

 

Domaine : cultures, religions et civilisations

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2010-2011

Le 70e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale aurait pu être l'occasion de tourner la page sur ces événements déchirants, mais l'année 2009 semble bien davantage montrer les conflits de mémoire qui persistent. Il apparaît important, au moment où les relations de la Russie avec ses voisins s'enveniment (on pense notamment aux « crises gazières » récentes avec l'Ukraine et, surtout, à la guerre avec la Géorgie à l'été 2008), de s'interroger sur les représentations du passé de ces pays dans l'historiographie russe et comment celles-ci ont également évolué à travers les époques.

Or, ce ne semble pas être un sujet d'étude prisé par les historiens actuellement, du moins pas pour la période soviétique comme telle, alors même que l'élucidation du rapport de l'historiographie à ces anciennes régions « colonisées » par l'URSS permettrait peut-être de « déconflictualiser » les guerres de mémoires qui opposent la Russie à ces anciennes républiques du Bloc de l'Est.

Avec ce projet, nous voulons engager l'analyse qualitative de la revue de l'Institut général d'histoire de l'Académie russe des sciences de 1926 à nos jours, et ce, afin de mieux comprendre : 1) les mécanismes par lesquels les mémoires sont instrumentalisées et entrent en conflit, mais également; 2) les moyens qui existent afin de « déconflictualiser » les mémoires et réinventer la mémoire nationale.