La réforme des médias en Irak en 2003-2004 : proposition conceptuelle pour éclairer les divergences américano-britanniques

 

Simon Thibault

Université de Montréal

 

Domaine : médias et communication

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2016-2017

Au cours des deux dernières décennies, des sommes substantielles ont été investies pour réformer le système médiatique de pays affectés par un conflit récent ou en cours. Ce fut le cas lors d'opérations de reconstruction en Bosnie-Herzégovine après 1995, au Kosovo après 1999, et en Irak après 2003. Les réformes visaient à dépolitiser les systèmes médiatiques des pays concernés dans l'espoir de favoriser leur pacification, après que des médias eussent attisé les tensions religieuses, politiques ou identitaires qui les divisaient. Or, ces réformes médiatiques ont généré des débats houleux entre les responsables internationaux chargés de les mettre sur pied. En Irak, des divergences de vues entre les responsables américains et britanniques ont été particulièrement vives durant les premières années suivant l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003, à laquelle le Royaume-Uni a participé. Les responsables américains et britanniques se sont notamment affrontés sur l'importance à accorder à la radiodiffusion publique, un modèle défendu par les Britanniques et critiqué par les Américains.

Quels facteurs peuvent expliquer ces divergences? À l'aide d'une recherche qualitative, j'entends éclaircir les raisons de ces divergences, en interviewant notamment (à Londres et à Washington, D.C.) des responsables ayant joué un rôle clé dans le processus de réformes médiatiques instaurées en Irak en 2003 et 204. Ce faisant, je propose, à l'aide de la méthode idéal-typique suggérée par Max Weber, deux idéaux-types qui permettent d'éclairer les philosophies d'intervention distinctes de ces acteurs et, par ricochet, leurs débats et leurs divergences.