La parole publique des femmes à l'épreuve du sexisme ordinaire du Web 2.0. : une proposition méthodologique innovatrice

 

Caroline Caron

Université du Québec en Outaouais

 

Domaine : médias et communication

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2015-2016

La réception hostile de la parole des femmes dans les espaces publics du Web 2.0 est un phénomène méconnu qui emprunte des formes apparentées au « sexisme ordinaire » (Barré et autres, 1999) : commentaires incisifs désignant la cuisine comme seul espace légitime de la parole féminine, stratégies discursives qui la discréditent et formes de harcèlement à l'endroit des femmes. Cette recherche qualitative vise à documenter et comprendre le phénomène par la création et l'expérimentation d'une méthodologie féministe novatrice centrée sur les voix des femmes. Un site web sera créé afin de susciter la constitution d'une communauté d'internautes féminines et engager une démarche de recherche action participative féministe.

Pour susciter l'intérêt des participantes, nous partagerons d'abord des informations savantes sur le sujet et nous diffuserons des réflexions tirées de notre étude de cas d'un récent épisode médiatisé de clavardage sexiste. Dans un second temps (AN 2), nous inviterons une quinzaine d'internautes à nous accorder des entrevues individuelles en ligne pour témoigner de leurs expériences. Nous remodèlerons ensuite ces témoignages sous forme de récits anonymes agrégés suivant la méthode de la courtepointe électronique. Cet assemblage décrira une expérience collective vécue dans la trame d'une conjoncture sociotechnique procurant les conditions de son émergence, mais aussi, de sa transformation. Suscitant des interactions entre les participantes, la courtepointe mènera ultimement à conceptualiser le sexisme ordinaire en ligne comme une restriction d'accès à l'espace public numérique pour les femmes. Il résultera du projet une meilleure compréhension du problème et une contribution aux méthodes de recherche numériques en sciences sociales.