La mobilité économique au Québec vue à travers la transmission intergénérationnelle des revenus

 

Marie Connolly

Université du Québec à Montréal

 

Action concertée : Pauvreté et exclusion sociale - Phase 3

Volet : Projet de recherche

Partenaire : Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Ministère de la Santé et des Services sociaux; Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et Société d'habitation du Québec

Dans la lutte à la pauvreté et la réduction des inégalités, on ne peut ignorer la question de la mobilité économique et de la transmission intergénérationnelle des revenus : un enfant né en situation de pauvreté a-t-il la même chance d'atteindre le haut de l'échelle salariale que  celui provenant d'un milieu aisé ? Dans ce projet répondant au besoin numéro un de l'Action concertée, nous proposons de dresser un portrait complet de la mobilité économique au Québec, tant d'un point de vue provincial, national et international qu'historique. Notre approche macroscopique est multidisciplinaire et allie les sciences économiques et à la sociologie. La mobilité sera mesurée grâce à des matrices de transition mais surtout à l'élasticité intergénérationnelle du revenu, soit le degré selon lequel le niveau du revenu des parents est relié à celui  de leurs enfants. Nous proposons d'utiliser les Données sur la mobilité intergénérationnelle du revenu (DMIR) de Statistique Canada. Ces données portent sur plus de trois millions d'individus nés entre 1963 et 1970 et leurs parents et contiennent les données de l'impôt pour les années 1978 à 2009. Nous suggérons aussi d'étendre cette base de données pour y inclure les individus nés dans les années 1970, afin de pouvoir réellement observer l'évolution de la mobilité économique au Québec. Étant donné le très grand nombre d'observations, il sera  possible de stratifier les résultats entre autres selon le sexe, la langue, le statut urbain/rural et le type de famille (un ou deux parents présents), et de voir aussi le lien entre les revenus parentaux totaux ou ceux du père ou de la mère et ceux des enfants. Nous pourrons aussi voir si les problèmes de mobilité se trouvent plutôt en bas, au milieu ou en haut de la distribution. Si le gouvernement du Québec désire favoriser la mobilité économique et fournir à ces citoyens des opportunités égales, il doit en premier lieu comprendre l'état actuel de la situation et avoir à sa disposition des statistiques fiables. Notre approche devrait nous permettre de mieux connaître l'état de l' « ascenseur social » au Québec. Les données administratives que nous utiliserons sont d'une richesse unique ; par  rapport à des données d'enquête avec de petits échantillons, elles rehaussent la fiabilité des mesures estimées. Cela permet aussi de stratifier les résultats selon un certain nombre d'aspects. Ceci est une retombée importante, car la stratification selon diverses variables nous permettra de mieux comprendre la mobilité intergénérationnelle au Québec et de pouvoir cibler les politiques vers les groupes souffrant le plus du manque de mobilité. Notre stratégie de diffusion et de transfert de connaissances s'adresse à trois grands publics-cibles : le milieu gouvernemental et les décideurs publics, les citoyens et le milieu académique. Conséquemment, nous avons reçu l'appui ou la confirmation de l'intérêt des partenaires suivants : le Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion, le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, l'Institut du Nouveau Monde et le CIRANO.

Appel de propositions

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Co-chercheurs

Catherine Haeck, Université du Québec à Montréal
Pierre Lefebvre, Université du Québec à Montréal
Philip J. Merrigan, Université du Québec à Montréal
Amélie Quesnel Vallée, Université McGill

 

Durée du projet, montant octroyé et date de dépôt du rapport final

Le projet est d'une durée de 2 ans. Le montant total octroyé est de 159 399 $. Le rapport final est attendu pour le 1er octobre 2017.