La classe inversée : une recherche-action-formation pour développer une approche ayant un impact sur l'engagement, la motivation et la réussite

 

Bruno Poellhuber

Université de Montréal

 

Action concertée : Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaires 2016-2017

Volet : Projet de recherche-action

Partenaire : Ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR)

La persévérance et la réussite sont des objets de préoccupation majeurs aux ordres d'enseignement collégial et universitaire,
et ce, de manière beaucoup plus importante depuis le début des années 2000. Par ex., le taux de diplomation est de 46 % en
sciences humaines au collégial. À l'université, ce taux varie entre 61 % et 73 % selon le niveau du diplôme. Plus
spécifiquement, les taux d'échecs de certains cours, comme ceux de mathématiques en sciences humaines), constituent de
véritables obstacles à la diplomation. Alors que les méthodes d'enseignement traditionnelles, peu actives pour l'étudiant, sont
mises en causes par certains pour expliquer ces taux élevés d'échecs, plusieurs recherches semblent démontrer une plus
grande efficacité des pédagogies actives, notamment l'apprentissage coopératif et l'approche par problèmes, sur la réussite
des étudiants.
 
La classe inversée fait partie de cette catégorie de pratiques pédagogiques dites actives. Comme son nom
l'indique, cette approche consiste à inverser les tâches des étudiants en leur demandant de voir la théorie en dehors des cours
(par le biais de la vidéo et d'exercices à correction automatique), ce qui permet de réaliser en classe des activités
d'apprentissage plus actives. Malgré sa popularité grandissante, la classe inversée a fait l'objet de relativement peu de
recherche jusqu'à présent. Les quelques études sur le sujet présentent des résultats plutôt variables, sinon contradictoires,
concernant certains avantages perçus par les étudiants, ainsi qu'au plan des résultats scolaires. Afin d'obtenir un portrait plus
précis à cet égard, la présente recherche se concentrera sur les conditions d'efficacité de la classe inversée, en lien avec les
niveaux d'engagement et de performance des étudiants Les objectifs principaux de la présente recherche consistent à a)
Déterminer les attentes et la valeur accordée par les étudiants et les enseignants aux diverses activités d'apprentissage
réalisées en contexte de classe inversée, en fonction des caractéristiques pédagogiques et didactiques de ces activités et des
caractéristiques sociodémographiques des apprenants; b) Analyser les liens entre les préférences et les pratiques
pédagogiques des enseignants et l'engagement, la motivation, l'apprentissage et la réussite des étudiants; c) Décrire le
processus d'appropriation de la classe inversée par les enseignants, en lien avec leur développement professionnel, le
développement de compétences spécifiques, l'évolution de pratiques pédagogiques et du sentiment d'auto-efficacité
enseignante.
 
La méthodologie proposée est une recherche-action-formation qui se situe dans une perspective itérative de
Design-based research. L'ingénierie pédagogique et didactique guidera la formation, l'accompagnement et l'intervention. Ce
projet mise sur 6 équipes établissement : 6 conseillers pédagogiques et environ 25 enseignants, ainsi que leurs étudiants
(environ 500 par trimestre) dans 4 régions différentes. 6 chercheurs de collège participent aussi à la recherche. Les
enseignants, conseillers pédagogiques (CP) et chercheurs s'engageront dans un processus de formation novateur et dans la
formation d'une communauté de pratique, les CP assurant l'encadrement technopédagogique local.
 

Appel de propositions

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Cochercheurs

- Bernard Bérubé, Université de Montréal
- France Caron, Université de Montréal
- Roch Chouinard, Université de Montréal
- Geneviève Ducharme, Collège Laflèche
- Christelle Lison, Université de Sherbrooke
- Florian Meyer, Université de Sherbrooke
- Madona Moukhachen, Collège Ahuntsic
- Lorraine Ouellette, Cégep de Victoriaville
- Normand Roy, Université du Québec à Trois-Rivières
- Marie-Josée Tondreau, Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
 

Membres collaborateurs

- Samuel Bernard, Cégep régional de Lanaudière
- Caroline Cormier, Cégep André-Laurendeau
- Fanny Kingsbury, Association québécoise de pédagogie collégiale
- Christine Marquis, Cégep de Saint-Jérôme
- Barbara Morin, Cégep de Victoriaville
- Patricia Vohl, Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu
 

Durée du projet, montant octroyé et date de dépôt du rapport final

Le projet est d'une durée de 3 ans, le montant total octroyé est de 220 800$ et le rapport final est attendu pour le 1er novembre 2019.