L'hystérie, la maternité et la profession de femme de lettres en Grande-Bretagne au dix-huitième siècle

 

Heather Meek

Université de Montréal

 

Domaine : arts et littérature

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2014-2015

Notre projet traite les constructions dialectiques de l'hystérie, la maternité et la profession de femme de lettres en Grande-Bretagne au dix-huitième siècle en examinant les échanges culturels et littéraires parmi un groupe de médecins et femmes écrivains. Nous considérons des ouvrages médicaux écrits par des hommes tels que Richard Blackmore, George Cheyne, Thomas Sydenham, John Aitkin et William Buchan, ainsi que des lettres, des journaux, des poèmes et des romans courts rédigés par Isabella Kelly, Eliza Haywood, Charlotte Smith, Lady Mary Wortley Montagu et Hester Lynch Thrale Piozzi, parmi d'autres. Notre travail comportera la récupération et l'analyse de ces œuvres et documents rares, des présentations à plusieurs colloques internationaux, et la rédaction de deux articles et une monographie.

Ce travail décrira les façons dont les discours médicaux de la période envisageaient l'hystérie comme une maladie féminine avec des symptômes principalement physiques, comme le tremblement, la salivation, l'agressivité sexuelle et la paralysie. Les médecins suggéraient que la femme hystérique devait être guérie (souvent par des méthodes sévères) et remplacée par la figure de la mère modeste et obéissante. Les femmes de lettres qui écrivaient sur ce sujet, par contre, soulignaient les aspects psychologiques de l'hystérie et voyaient la condition comme une réaction contre les conventions restrictives de la maternité. De plus, ces femmes exploitaient l'hystérie et la maternité comme sources d'inspiration et de créativité, un phénomène central dans le développement de la profession de femme de lettres au cours du dix-huitième siècle.