Discrétion ou capacité : Utilisation de mégadonnées pour modéliser la faculté de réponse des gouvernements

 

Aaron Erlich

Université McGill

 

Domaine : nature, transformation et gouvernance de la société et des institutions

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

 Concours 2018-2019

Dans le monde entier, citoyens, politiciens et médias sont de plus en plus préoccupés par la transparence gouvernementale, l'imputabilité démocratique et la divulgation de l'information des décideurs politiques. Ces derniers adoptent des technologies de l'information et de communication pour les mettre en lien avec leurs constituants à l'aide de mécanismes de demande d'information et d'accès aux données, ainsi que de formulation de plaintes. La prolifération mondiale de tels dispositifs présente de nouveaux défis ainsi que de nouvelles opportunités pour les chercheurs; il devient impératif de mieux comprendre les interactions entre citoyens et gouvernements et les facteurs qui influent sur l'imputabilité démocratique. La réactivité gouvernementale, soit la capacité des gouvernements à répondre aux demandes d'information, peut dépendre de la capacité institutionnelle (e.g. capital humain, organisationnel et économique) ou du pouvoir discrétionnaire politique (e.g. incitatifs partisans, calendrier des élections, scandales politiques, spécificités de l'électorat). Ce projet examinera ces pistes pour expliquer le degré de réactivité gouvernementale selon quatre niveaux d'analyse : l'expéditeur (citoyen), le destinataire (le gouvernement), le message (contenu de l'interaction) et le contexte dans lequel se déroule l'interaction. Un cadre d'analyse unifié sera mis en place pour mesurer et modéliser la réactivité gouvernementale. Ce cadre sera appliqué au cas du Mexique, duquel seront examinées les mégadonnées des demandes d'information gouvernementale.

Empiriquement, le projet évaluera les attentes théoriques de réponse ou de non-réponse du gouvernement aux demandes d'information grâce à la collecte et à l'analyse de plus d'un million de demandes d'information de citoyens, des réponses engendrées et des données relatives aux caractéristiques des demandeurs et des répondeurs. L'analyse de cette collecte de données novatrice permettra de contribuer aux débats de longue date entre les universitaires et les praticiens en comparant les théories sur la réactivité gouvernementale fondée sur la capacité institutionnelle et sur la discrétion politique. En recueillant ces données dans le temps, on s'assure d'obtenir une variation suffisante pour mieux comprendre les caractéristiques changeantes des demandes d'information des citoyens et des réponses gouvernementales subséquentes.

En somme, le projet élabore un nouveau programme de recherche visant à la cueillette, à la surveillance et à l'analyse des données sur les demandes d'information. Ce projet contribuera à la capacité des sociétés à évaluer la performance de leurs gouvernements, de manière intrinsèque et comparative, en vue d'améliorer l'imputabilité démocratique et la communication entre les citoyens et leurs gouvernements. De plus, les connaissances théoriques et les outils élaborés permettront aux organisations non gouvernementales et aux chercheurs d'identifier les déterminants influant sur la transparence et la réactivité gouvernementales dans le contexte des nouvelles technologies de l'information.