Dette écologique : indemnisation et restauration après un désastre environnemental

 

Rosemary-Claire Collard

Université Concordia

 

Domaine : milieux de vie et aménagement

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2015-2016

Après un désastre environnemental, les relations socioécologiques propres au genre humain sont mises en relief, remises en question ou reproduites. J'entends étudier la période suivant deux catastrophes maritimes : la marée noire provoquée par l'Exxon Valdez en 1989 en Alaska; et le déversement de pétrole causé par la British Petroleum (BP) en 2010 dans le golfe du Mexique. D'une part, j'analyserai les aspects légaux de l'établissement des amendes pour infraction environnementale : à l'aide d'archives comme des transcriptions de débats judiciaires, je déterminerai les principaux arguments logiques sous-tendant les amendes imposées à Exxon et à BP. D'autre part, j'examinerai ce à quoi ces amendes ont servi : remise en état de l'environnement, avant tout, et infrastructure connexe (aquarium, labo, etc.).

Une analyse des archives, un travail ethnographique sur le terrain et des entrevues d'intervenants en restauration écologique permettront de cerner les rapports entre l'homme et l'animal cultivés parallèlement aux efforts de remise en état. L'indemnisation et la restauration écologique expriment une volonté de reconnaître et de payer une dette – écologique – envers les animaux et les écosystèmes. Des études scientifiques ont jeté un doute sur l'efficacité de l'approche. Ma recherche ira au-delà de la question d'efficacité. Menant une enquête multiméthodes sur la reconfiguration des rapports entre l'homme et l'animal à la suite d'une catastrophe environnementale, je répondrai à cette question : excepté le pétrole, que laisse derrière elle l'opération nettoyage?