Courtage des services publics : les sociétés de services professionnels transnationales et les politiques d'évaluation en Ontario entre 2008 et 2016

 

Chris Hurl

Université Concordia

 

Domaine : gestion des organisations

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

 Concours 2018-2019

Depuis la crise économique de 2008, les « quatre grandes » sociétés de services professionnels (KPMG, Deloitte, PwC et Ernst and Young) courtisent énergiquement le secteur public dans le but d'accroître leur part de marché en services-conseils de gestion. Dans le cadre de ces efforts, elles ont créé des services d'examen des services municipaux et en font la promotion auprès des administrations locales afin de les aider à cerner les secteurs où celles-ci peuvent faire davantage d'économies et rationaliser les services dans un contexte d'austérité budgétaire. Bien que ces examens aient soi-disant exposé davantage les services municipaux au regard scrutateur du public, la façon dont ils sont menés manque souvent de transparence. En analysant les examens des services municipaux réalisés dans 26 municipalités ontariennes entre 2008 et 2016, cette étude propose d'étudier la façon dont ces quatre grandes sociétés sont devenues des intermédiaires stratégiques pour l'évaluation des services publics sur différents territoires.

Grâce à une analyse comparative de documents officiels, à des entretiens semi-structurés avec des consultants, des fonctionnaires municipaux et des groupes communautaires, à une analyse des réseaux sociaux et à des demandes d'accès à l'information, je m'efforcerai de déterminer dans quelle mesure ces municipalités comptent désormais sur les évaluations et les conseils stratégiques de ces sociétés. J'examinerai la façon dont les liens se tissent entre les parties des secteurs public, privé et communautaire dans le cadre du processus d'évaluation. Je me pencherai aussi sur l'influence que ces examens ont eue sur la convergence des politiques et des pratiques de différentes municipalités. En effectuant une étude comparative de ces sociétés et des réseaux politiques et économiques dont elles font partie, je compte constituer une base de données empiriques probantes qui aidera à cerner la place de leurs recommandations dans les restructurations municipales. J'espère en outre, simplifier la tâche des groupes communautaires de différents territoires qui cherchent à soumettre le domaine des services-conseils de gestion à un examen public plus approfondi.