Construction et validation d'un modèle du risque à plagier chez les étudiants de 1er cycle en sciences de l'éducation

 

Sébastien Béland

Université de Montréal

 

Domaine : éducation, savoirs et compétences

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

 Concours 2018-2019

Les règlements sur le plagiat (par exemple, le Règlement disciplinaire sur le plagiat ou la fraude concernant les étudiants du premier cycle de l'Université de Montréal) sont souvent mentionnés dans les séances d'accueil des nouveaux étudiants et dans les plans de cours. Il est donc réaliste de poser l'hypothèse que la majorité des étudiants ont une idée minimale des sanctions auxquelles ils s'exposent lorsqu'ils plagient. Malgré cela, ces derniers sont encore nombreux à prendre un risque de se faire prendre et de recevoir une sanction, en plagiant. Par exemple, McCabe (2005) montrait que 38% des étudiants universitaires ont admis avoir déjà plagié à un travail scolaire. Vogts (2009), de son côté, obtenait un pourcentage comparable avec 40% d'étudiants ayant déclaré avoir déjà plagié.

Rettinger (2007) et Collins, Judge et Rickman (2007) reconnaissaient l'importance de la prise de risque pour expliquer le plagiat. Étonnamment, peu d'études ont investigué cette idée et il n'existe toujours pas de modélisation portant spécifiquement sur la prise de risque à plagier. C'est dans l'optique d'en savoir plus sur le sujet que ce projet s'inspirera de la théorie des perspectives (Kahneman et Tversky, 1979, 1992) pour construire et valider une modélisation de la prise de risque à plagier visant à mieux comprendre le plagiat chez les étudiants au 1er cycle, en sciences de l'éducation.

Nous allons utiliser une méthodologie mixte pour répondre à trois objectifs de recherche spécifiques. Le premier objectif de ce projet consiste à identifier les facteurs à considérer avant de construire un modèle du risque à plagier. Le deuxième objectif est essentiellement théorique et consiste à s'inspirer de la théorie des perspectives afin de construire un modèle du risque à plagier. Enfin, le troisième objectif vise à valider le modèle du risque à plagier.

Élaborer un tel modèle est important, car il permettra de créer de nouvelles connaissances qui aideront à mieux comprendre les étudiants qui plagient à partir de leur prise de risque. Ces informations seront aussi utiles aux administrations scolaires, car elles génèreront de nouvelles idées afin de mieux comprendre, prévenir et détecter le plagiat. Enfin, ce modèle pourra être réinvesti pour comprendre le plagiat dans des programmes d'études où la compétition entre étudiants peut être importante (par exemple, en droit ou en médecine).