Communication avec un public averse à l'ambiguïté

 

Li, Jian

Université McGill

 

Domaine : économie, emploi et marchés

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2017-2018

Considérons le problème économique classique de la communication stratégique : comment un expert conseillerait-il un récepteur sur une décision à prendre, s'il est communément admis que l'expert a des intérêts biaisés? Dans le cas classique, l'expert et le récepteur sont censés avoir une croyance bayésienne unique et agir en vue de maximiser l'utilité attendue; la communication résultante est analysée dans le jeu de persuasion de Kamenica et Gentzkow (2011) et celui de conversation gratuite de Crawford et Sobel (1982). La réponse est moins claire si l'expert et le récepteur sont en situation d'ambiguïté — ils détiennent de multiples croyances sur les états incertains — et montrent aversion à l'ambiguïté — ils choisissent prudemment l'action qui maximise l'utilité attendue minimale en fonction de toutes leurs croyances.

Par exemple, ma recherche antérieure indique qu'un récepteur averse à l'ambiguïté peut refuser une information véridique gratuite (Li, 2015). Les calculs effectués dans quelques exemples particuliers suggèrent en outre que l'expert peut ou non profiter de l'aversion à l'ambiguïté du récepteur en envoyant des messages délibérément vagues. Le projet de recherche proposé appliquera la méthodologie du jeu de persuasion élaborée par Kamenica et Gentzkow (2011). Il s'agit de répondre à des questions pratiques intéressantes telles que : à quel moment et comment l'émetteur peut profiter de l'aversion à l'ambiguïté du récepteur, comment l'ambiguïté affectera le bien-être social total et comment le gouvernement peut réglementer la transparence en matière de divulgation d'information en vue d'atténuer la perte potentielle de bien être découlant d'une communication ambiguë.