Canaliser la prise de parole citoyenne : groupes de pression et audiences publiques des commissions parlementaires de l'Assemblée nationale du Québec, 1965-1980

 

Stéphane Savard

Université du Québec à Montréal

 

Domaine : gouvernance

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2014-2015

Le projet de recherche s'inscrit dans ce nouveau courant historiographique qui propose une réinterprétation de la Révolution tranquille et qui suggère d'aller plus loin que la simple étude des réformes et changements entrepris par les responsables politiques québécois. S'appuyant entre autres sur les travaux portant sur les « Sixties », il propose plutôt de mettre l'accent sur la prise de parole citoyenne comme un des principaux moteurs ayant influencé les réformes et changements dans le Québec des années 1960 et 1970. Il s'agit plus précisément d'analyser les processus d'audiences publiques des commissions parlementaires permanentes de l'Assemblée nationale du Québec et, ainsi, de comparer les choix et valeurs évoquées par les responsables politiques et les groupes de pression lorsqu'ils interviennent au sujet des enjeux étudiés.

En entreprenant un travail de défrichage pour brosser un portrait global des processus d'audiences publiques des commissions parlementaires québécoises depuis les premières commissions qui ouvrent leurs portes au débat public, en 1965, jusqu'à la fin de la Révolution tranquille, en 1980, le projet de recherche permettra ainsi de mesurer les impacts qu'ont eus ces groupes de pression, issus des mouvements sociaux, sur les orientations, valeurs et intérêts de l'État québécois dans les années 1960 et 1970. Les principales sources au cœur de ce projet sont au nombre de deux : les débats des commissions parlementaires permanentes de l'Assemblée nationale du Québec, plutôt ignorés jusqu'à ce jour par les chercheurs, ainsi que les mémoires déposés dans le cadre du processus d'audiences publiques de ces commissions.