« Une femme sans patrie » : Rosika Schwimmer, nationalisme et le défi du mouvement féministe international en Europe, 1918-1929

 

Judith Szapor

Université McGill

 

Domaine : cultures, religions et civilisations

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2014-2015

Rosika Schwimmer (1877-1948) était la plus importante féministe bourgeoise hongroise et une dirigeante respectée au sein du mouvement féministe international avant la Première Guerre mondiale. Pendant la guerre, les activités de la pacifiste Schwimmer ont été vouées à l'échec de manière prévisible et sa carrière politique en Hongrie s'est terminée avec la chute du gouvernement révolutionnaire démocratique qui l'avait nommée comme première femme ambassadrice. Après s'être échappée de la Hongrie contre-révolutionnaire en 1920, Schwimmer s'est installée aux États-Unis, mais elle est demeurée une exilée permanente : la Cour Suprême a rejeté sa demande de citoyenneté américaine dans une décision rendue en 1929. Diabolisée et considérée comme une extrémiste juive aux États-Unis et chassée par ses collègues féministes, Schwimmer illustre le défi auquel se confronte tout le mouvement féministe international : la réinterprétation de son internationalisme à une époque de nationalisme agressif.

Mon projet vise deux objectifs novateurs majeurs : élaborer une biographie longtemps attendue de cette importante figure féministe après la guerre et évaluer le dossier des mouvements féministes internationaux du point de vue de l'Europe centrale et orientale. Grâce à une recherche dans les archives américaines, britanniques, néerlandaises et hongroises, les journaux féministes hongrois et internationaux et les propres contributions de Schwimmer, j'examinerai les notions évolutives de nationalisme et d'internationalisme à la lumière de l'expérience de Schwimmer au sein du nationalisme de droite naissant en Hongrie et en Europe centrale.