WhiteFeather Hunter en vedette dans CURIUM



Consultez le publireportage de la revue CURIUM (édition janvier 2017),
magazine « science et société » québécois destiné aux adolescents.

WhiteFeather Hunter est étudiante à la maîtrise en beaux-arts de l'Université Concordia.

Le bioart, qu'est-ce que c'est?

C'est de l'art qui se construit avec du matériel vivant. Je travaille avec des matériaux du corps. Concrètement, je fais grandir des cellules (d'humains et de souris) sur des cheveux. Beaucoup de gens pensent que tout ce qui provient du corps est dégueulasse, malpropre. Les cheveux, par exemple, si on en trouve un dans notre assiette, on est dégoûté. Je pense que la curiosité est un bon moyen de combattre la peur ou le malaise.

Ce sont des œuvres éphémères. Les cellules ça coûte très cher à nourrir ! Leur nourriture est plus dispendieuse que la mienne!

Mangent-elles du caviar?

Non! Plutôt une sorte de mélange contenant des antibiotiques (parce que les cellules n'ont pas de système immunitaire), du sucre, des protéines (qui proviennent du sang de vache purifié et distillé) auquel est ajouté un indicateur de pH coloré. Tous ça coûte plus cher qu'un steak/frites!

Et puis, on doit les nourrir tous les deux jours. Le plus longtemps que j'ai gardé une œuvre d'art en vie, c'est quatre mois.

Artiste ou scientifique?

Une artiste! Mes créations pourraient être fonctionnelles dans un contexte médical, mais mon but, c'est d'abord d'initier les gens à la méthodologie scientifique et de susciter la discussion sur les biotechnologies. Je suis très excitée par les biotechnologies et très critique. Je trouve qu'elles se développent plus vite que ce que nous pouvons contrôler.

Ceci dit, je travaille présentement sur ma première publication scientifique. Mes expériences ont démontré que sur une structure tissée, les cellules s'attachent aux intersections (là où les fils se croisent) pour ensuite s'étendre à l'ensemble. La science explore l'utilisation de fibres textiles pour faire des implants. En observant de quelle façon les cellules se comportent, on peut penser à de nouveaux procédés. J'ai présenté mes observations, et j'ai été approchée par un scientifique avec qui je collabore maintenant depuis deux ans.

Un duo artiste/scientifique, ça marche?


De plus en plus de labs regroupent des artistes et des scientifiques. En Australie, chez Symbiotica, scientifiques et artistes travaillent de concert depuis une dizaine d'années. C'est le premier lab du genre. Ici, c'est nouveau. En Europe, depuis cinq ans environ, les laboratoires engagent des artistes parce qu'ils voient les choses différemment et donnent une autre interprétation à leurs recherches.

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Consultez le résumé de sa publication primée.