Une relation au coeur de la persévérance scolaire



Depuis plusieurs années, le gouvernement du Québec, les commissions scolaires et plusieurs organismes communautaires luttent avec acharnement contre le décrochage scolaire.

Un problème d'autant plus difficile à juguler que les causes en sont multiples et varient d'un élève à l'autre. Anne Lessard, chercheure au Département d'adaptation scolaire de l'Université de Sherbrooke, a voulu observer l'impact de la relation élève-enseignant sur les risques de décrochage. Elle a analysé les liens entre l'encadrement et le soutien des enseignants tels que perçus par les élèves et comparé les attitudes des élèves envers les enseignants. Elle a aussi vérifié l'association entre les attitudes des enseignants envers les élèves et le risque de décrochage, et déterminé s'il y a réciprocité entre les attitudes des élèves envers leurs enseignants et de ces derniers envers leurs élèves.

Depuis l'implantation du programme Trait d'Union en 2008, le taux de décrochage dans cette commission scolaire est passé de 36 à 24 % (2012).

Pour y arriver, la chercheure a notamment interviewé une centaine d'enseignants dans les écoles de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, dont plusieurs participants au programme Trait d'Union, une approche axée sur le travail en individuel entre l'enseignant et l'élève. Son équipe a aussi sondé 878 élèves en rapport avec leur appréciation du lien qu'ils ont avec les enseignants. Depuis l'implantation du programme Trait d'Union en 2008, le taux de décrochage dans cette commission scolaire est passé de 36 à 24 % (2012).

Ce programme a offert aux enseignants une autre façon d'interagir avec les élèves, et a permis d'établir de nouvelles relations qui ont eu un impact positif sur le cheminement des élèves à risque. Lors des entrevues, les enseignants ont reconnu la valeur de leur relation avec les élèves pour favoriser leur engagement et leur réussite, et les élèves ont témoigné du fait qu'ils appréciaient aussi ces liens.