Une boussole pour la politique québécoise



Il n'est pas toujours facile, pour les électeurs, de connaître les positions de tous les partis sur les enjeux qui leur tiennent à cœur. Pour s'y retrouver, quoi de mieux qu'une boussole politique ? C'est le projet auquel a participé le professeur de science politique de l'Université Laval, François Gélineau. « Il s'agissait d'informer les citoyens et de susciter des débats », explique-t-il.

Une équipe de cinq chercheurs a adapté au contexte politique québécois un modèle de boussole développé en Europe et utilisé au Canada par une équipe de l'Université de Toronto. Les enjeux économiques et sociaux sont réunis sur un axe gauche/droite, alors que la question nationale occupe l'axe vertical. Les partis politiques se positionnent eux-mêmes et les chercheurs s'assurent que cette auto-évaluation correspond à leur programme. En 2011, seul le Parti libéral du Québec avait refusé de se prêter au jeu.

« La boussole a suscité des débats. Les gens comparaient leurs réponses ; c'est un outil de plus pour les intéresser à la politique. »

L'utilisateur note 30 affirmations portant sur dix enjeux sur une échelle allant de « totalement en désaccord » à « totalement en accord ». Il peut ensuite répondre à dix autres questions qui évaluent l'importance qu'il accorde à chaque enjeu. Par exemple, un électeur qui partage la position du Parti libéral du Québec sur le développement du Nord-du-Québec, mais qui est souverainiste, pourrait accorder une plus grande importance à l'une ou l'autre de ces deux positions.

Plusieurs médias, dont Radio-Canada et Le Devoir, ont fait la promotion de cette boussole lors des élections de 2012, et on l'a retrouvée sur des médias sociaux comme Facebook. Près de 550 000 personnes ont répondu au questionnaire. « La boussole a suscité des débats. Les gens comparaient leurs réponses ; c'est un outil de plus pour les intéresser à la politique », souligne François Gélineau.

La boussole a aussi fourni une masse imposante d'informations qui aide à établir le profil sociodémographique des partisans des différentes formations politiques. Au total, un peu plus de 200 000 participants ont fourni ces informations supplémentaires. En raison de son succès, l'expérience sera répétée lors des prochaines élections québécoises.