Un nouveau départ



Les femmes et les enfants représentent 80 % des 27 millions de réfugiés dans le monde. Pour mieux comprendre les stratégies que les femmes réfugiées mettent en place pour faciliter leur intégration dans leur société d'accueil, Marie Lacroix, professeure-chercheure à l'École de service social de l'Université de Montréal, a interrogé 18 femmes originaires du Congo, du Rwanda et de l'Algérie.

Celles-ci sont arrivées au Québec en tant que demandeuses d'asile et la plupart étaient accompagnées de leurs enfants. Même si plusieurs d'entre elles se sentent isolées, sont préoccupées par le sort qui est réservé aux membres de leur famille restés dans leur pays d'origine et vivent dans des conditions très précaires, les résultats de la recherche de Marie Lacroix révèlent que ces femmes jouent un rôle actif dans leur processus d'intégration et déploient des stratégies différentes de celles utilisées par les hommes.

La qualité, le nombre et la fréquence des contacts familiaux et communautaires sont autant de facteurs qui facilitent l'arrivée et l'intégration des femmes réfugiées au Québec.

« L'image que l'on se fait des femmes demandeuses d'asile est souvent celle de personnes vulnérables, victimes de leur sort. Cependant, celles que nous avons rencontrées font preuve d'une force et d'une résilience qui se traduisent par leur engagement dans les réseaux sociaux et dans le développement communautaire, et par leur participation à la vie dans leur église », explique la chercheure.

On constate d'ailleurs que la qualité, le nombre et la fréquence des contacts familiaux et communautaires sont autant de facteurs qui facilitent l'arrivée et l'intégration des femmes réfugiées au Québec.

Ces femmes ayant rarement recours aux services de santé et aux services sociaux — qui les percevraient uniquement comme des victimes —, ces nouvelles données pourraient soutenir les efforts des décideurs en matière de politiques publiques et ceux des fournisseurs de services et des organismes communautaires, et les encourager à contribuer au mieux-être et à l'intégration des femmes réfugiées dans la société québécoise.