Un nouveau départ, de nouveaux défis



Le Québec peine à trouver de la main-d'œuvre. Pour y arriver, le gouvernement compte en partie sur l'immigration. Toutefois, cette main-d'œuvre a plus de difficulté à intégrer le marché du travail au Québec qu'ailleurs au Canada. En 2009, le taux de chômage des immigrants de cette province se situait à 13,7 %, comparativement à 7,6 % chez les travailleurs nés au pays. Chez les immigrants arrivés au Canada depuis moins de cinq ans, le taux de chômage dépasse les 22 %. Pourtant, peu de recherches ont été menées pour solutionner ce problème.

Chez les immigrants arrivés au Canada depuis moins de cinq ans, le taux de chômage dépasse les 22 %.

Brahim Boudarbat, professeur-chercheur à l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal, a examiné les facteurs qui freinent l'intégration des travailleurs immigrants, en plus de jeter un œil sur les écarts de salaire entre immigrants et « natifs ». Pour cela, il a utilisé une nouvelle approche qui examine la distribution des salaires plutôt que leur moyenne.

En plus de faire l'objet de nombreux reportages dans les médias depuis 2010, ses observations ont débouché sur plusieurs recommandations, dont certaines ont été intégrées à des politiques publiques. Elles ont également inspiré les nouvelles politiques d'immigration qui priorisent les jeunes candidats et les personnes qui ont acquis un diplôme ou une expérience professionnelle ici, ou celles qui s'efforcent d'aider les immigrants à accéder à une première expérience professionnelle en sol québécois. Ses travaux ont aussi mené à plusieurs publications dans des revues telles la Revue de l'intégration et de la migration internationale ou Nos diverses cités.

Mais, de l'aveu même du chercheur, son plus grand accomplissement aura été d'avoir contribué à l'émergence d'une experte de renom dans le domaine, la jeune chercheure Maude Boulet. Encadrée par Brahim Boudarbat lors de son doctorat, elle se consacre dorénavant à l'étude de ces questions.