Un chez-soi pour les personnes sans domicile



Jeunes fugueurs, autochtones, personnes qui ont perdu leur emploi ou qui ont vécu une séparation douloureuse : l'itinérance prend de multiples formes.

Sujet préoccupant au départ, le coût d'une telle intervention ne s'est pas révélé, au final, plus élevé que celui de l'itinérance.

Le projet Chez-soi propose un nouveau type d'intervention auprès des gens de la rue qui vise à modifier leur cheminement. Christopher McAll, directeur scientifique du Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance (centre affilié universitaire), explique : « Depuis trois ans, à Montréal, 260 personnes sans domicile qui souffrent d'un problème de santé mentale grave ou modéré ont eu accès à un logement et reçoivent aide et accompagnement. Parmi elles, 80 reçoivent en plus des services de soins infirmiers et psychiatriques. Un autre groupe de 180 personnes affichant le même profil a accepté de participer au projet et est resté à la rue en tant que groupe témoin. Leur vie continue de se dégrader, tandis que celle des personnes qui ont un logement s'améliore. Toutefois : un logement à soi permet de sortir de la rue, mais d'autres problèmes se posent. Les relations avec les propriétaires ou avec les autres locataires ne sont pas toujours faciles, par exemple. »

Sujet préoccupant au départ, le coût d'une telle intervention ne s'est pas révélé, au final, plus élevé que celui de l'itinérance : « Éric Latimer professeur-chercheur au Département de psychiatrie de l'Université McGill, est aussi le chercheur principal du projet Chez-soi à Montréal. Avec son équipe, il a constaté que l'intervention a permis de réduire le recours à d'autres services – refuges, hôpitaux, etc. – à tel point que le coût global est le même que celui des services habituels, précise Christopher McAll.