Traduire l'univers romani



Présentes depuis des siècles dans de nombreux pays et fortes d'une base culturelle commune, les communautés romanis (tsiganes) parlent différentes langues et ne peuvent pas toujours communiquer facilement entre elles. 

Pourtant, l'univers de la traduction leur est peu connu.

La chercheure a notamment mis en ligne le premier site Web portant sur la traduction du romani

D'ailleurs, il n'y avait aucun lexique relatif à la traduction et à la traductologie en langue romani ! Debbie Folaron, professeure-chercheure en traductologie au Département d'études françaises de l'Université Concordia, a voulu rapprocher l'univers romani de celui de la traduction, notamment en explorant la tradition orale, le théâtre, les textes sacrés, la littérature et les sites Web romanis.

Il s'agit de la première tentative de conceptualiser « le monde romani », c'est-à-dire ses langues et ses diverses cultures, littéraires et non littéraires, dans les domaines en lien avec la traduction, la terminologie, l'interprétation et les technologies. La chercheure a notamment mis en ligne le premier site Web portant sur la traduction du romani et des nombreuses langues utilisées au sein des communautés romanis.

Dans le domaine de la linguistique, ce site a permis de réunir les connaissances fondamentales en traduction et en traductologie, qui sont présentées dans dix langues différentes. En études littéraires, le recensement des œuvres romanis montre l'évolution d'une tradition littéraire transnationale en traduction. En sociologie, ce sont les entrevues, les témoignages et les données des traducteurs et des interprètes romanis qui ont été recueillis.

Debbie Folaron a aussi écrit un chapitre sur ce thème dans l'ouvrage collectif Hybridité discursive et culturelle, publié aux éditions L'Harmattan en 2010.