Soutenir l'intégration des femmes immigrantes



Les femmes immigrantes au Québec et les Québécoises vivant à l'étranger doivent, comme toutes les femmes, concilier divers aspects de leur vie professionnelle et personnelle. Elles doivent cependant relever des défis particuliers associés à leur statut de femme migrante. « En effet, ces femmes peuvent, dans certains cas, cumuler sur une période de six ans des situations de transition de vie et d'adaptation susceptibles de donner lieu à de profondes transformations de leur construction identitaire, de leur vision du monde et, de leurs engagements présents et futurs vis-à-vis de leur famille et de la société », constate Lucille Guilbert, de l'Université Laval, responsable de l'Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l'immigration dans la région de Québec (ÉDIQ). Ainsi, aux choix qui s'imposent en ce qui a trait à leur carrière, à leurs études et à la maternité s'ajoutent des questionnements au sujet de leur culture, de leur identité et de leur désir de retour à leur pays d'origine.

Dans le cadre de son projet de recherche, Lucille Guilbert a d'abord cerné les stratégies que ces jeunes femmes doivent élaborer pour concilier mobilité, études, travail et maternité dans leur pays d'accueil, en fonction de leurs ressources personnelles et des ressources de leur environnement social (réseaux, organismes, etc.). Cela lui a permis de mettre en place un espace de réflexion (qui comporte une programmation de quatre ateliers) et de coopération permettant à ces femmes d'échanger autour de problématiques communes, le tout en misant sur les ressemblances qui existent entre la situation des immigrantes et celle des Québécoises. Ces échanges ont permis à ces femmes de créer des liens et de devenir solidaires. L'un des aspects novateurs de cette recherche est l'engagement de huit femmes en situation de migration à titre de coauteures et de participantes à ce projet. Elles ont pris part aux divers ateliers et ont contribué, par leurs récits – écrits et oraux –, leurs échanges et leurs dessins, à une réalisation collective qui a pris la forme d'une présentation au symposium du Centre Métropolis de Québec.

Cet espace de réflexion pourra être implanté par les collectivités locales désireuses de faciliter l'intégration des immigrants, et plus particulièrement des jeunes femmes immigrantes.

Un tel espace de réflexion pourra être implanté par les collectivités locales désireuses de faciliter l'intégration des immigrants, et plus particulièrement des jeunes femmes immigrantes. Il a déjà bénéficié d'un accueil très positif dans les divers symposiums et colloques où il a été présenté, au Québec et en Ontario. Une capsule vidéo de ce projet de recherche sera notamment présentée au congrès de l'ACFAS 2013 et sera accessible sur le site de l'ÉDIQ dès l'automne 2013. Elle servira également de guide aux organismes qui souhaiteront implanter cet espace de réflexivité.

Des organismes d'accompagnement tels que Jeffery Hale et Les Accompagnantes de Québec ont d'ailleurs déjà commencé à y avoir recours avec leur clientèle. Une large diffusion et des séances de formation qui seront données prochainement devraient permettre à un nombre croissant d'organismes et de collectivités de mettre en œuvre l'approche novatrice de Lucille Guilbert. Espérons que cette approche contribuera à faciliter l'intégration sociale et économique des jeunes femmes immigrantes au Québec. En plus de l'aide directe et immédiate que cette approche apporte, ce projet de recherche contribue au renouvellement de la réflexion entourant les politiques en matière d'intégration des nouveaux arrivants.