Remonter aux sources des difficultés de lecture



Plusieurs éléments influent sur la facilité qu'un enfant éprouvera à apprendre à lire, mais lesquels ? Et dans quelle proportion?

C'est la question que s'est posée Marie-Catherine St-Pierre, chercheure en orthophonie au Département de réadaptation de l'Université Laval. Son étude visait à approfondir la connaissance dans ce domaine en comparant et en observant dans quelle mesure le degré d'habileté à traiter les sons du langage (traitement phonologique) et à effectuer les accords grammaticaux (traitement morphologique) contribuaient à faciliter la lecture chez 178 enfants en fin de première année qui avaient – ou non – du mal à lire.

C'est la conscience phonologique et donc, l'habileté à manipuler volontairement les sons du langage qui avait le plus fort impact.

Ces élèves ont dû accomplir diverses tâches. Par exemple, quand ils entendaient les sons « k », « r » et « a », ils devaient les fusionner pour dire « kra » (conscience phonologique), ou quand ils écoutaient trois phrases, ils devaient répéter le dernier mot de chacune d'elles à la fin de l'écoute (mémoire de travail). Les enfants qui lisaient difficilement performaient moins bien dans toutes les tâches. Cependant, c'est la conscience phonologique – et donc, l'habileté à manipuler volontairement les sons du langage – qui avait le plus fort impact. À elle seule, elle expliquait plus de la moitié des différences observées entre les jeunes qui avaient du mal à lire et les autres.

Cette étude a des retombées importantes en enseignement et en intervention pédagogique et professionnelle. Elle confirme l'importance de soutenir le développement de la conscience phonologique chez les enfants, afin de les aider à apprendre à lire. Elle a mené, entre autres, à des présentations aux congrès de la Society for the Scientific Study of Reading, à Hong Kong, et de l'International Association for Study of Child Language, à Montréal.Lorsqu'elles sont suffisamment développées, ces habiletés d'analyse solidifient les autres aptitudes nécessaires à l'apprentissage de la lecture. Mais si elles sont plus fragiles, elles jouent moins bien leur rôle. Les autres habiletés liées au traitement phonologique (par exemple, la mémoire de travail) et le traitement morphologique auraient, à cet âge, un impact très faible.