Raffiner la théorie des jeux



La théorie des jeux cherche à évaluer quels comportements des agents engagés dans une coalition ou dans un conflit produiront les résultats optimaux pour une partie ou l'ensemble de ces agents. En économie, l'une de ces questions centrales devient « comment répartir les surplus générés par la collaboration d'un certain nombre d'agents ? ».

Le mathématicien et économiste américain Lloyd Shapley a beaucoup travaillé cette question et en est venu à élaborer une solution connue sous le nom de « valeur Shapley », laquelle permet une répartition équitable des gains d'une coalition.

Une équipe de chercheurs du Centre interuniversitaire de recherche en économie quantitative, menée par Effrosyni Diamantoudi, professeure-chercheure en économie à l'Université Concordia, a soulevé que la valeur Shapley ne pouvait s'appliquer aux situations où les résultats d'une coalition dépendent aussi d'agents extérieurs à cette coalition. Par exemple, en commerce international, la réussite d'un syndicat, notamment l'amélioration des conditions de travail des salariés, dépendra en partie de la formation d'autres syndicats dans d'autres pays.

Une autre limite de la valeur Shapley et des théories qui en découlent est qu'elle s'applique à une coalition qui n'aurait qu'un seul intérêt en jeu. Or, en économie, il arrive souvent que les membres d'une coalition fassent en même temps partie d'autres coalitions portant sur d'autres enjeux. Par exemple, lorsque des pays négocient simultanément un accord de commerce tel que l'Accord de libre-échange nord-américain et un accord environnemental comme le protocole de Kyoto, il est évident que les deux enjeux ont des liens. L'augmentation de la production entraînée par une intensification des échanges commerciaux pourrait, par exemple, faire grimper les émissions de CO2, compliquant ainsi la tâche des pays qui cherchent à conclure un accord environnemental.

Les chercheurs ont donc élaboré un modèle permettant de tenir compte des éléments extérieurs à une coalition et notamment de l'effet de la formation de différentes coalitions qui engagent les mêmes agents dans des enjeux différents. Ce modèle permet de mieux évaluer le résultat auquel une coalition peut en arriver et donc, de déterminer ce que chaque agent peut espérer recevoir de son engagement dans la coalition.

Équipe

Centre interuniversitaire de recherche en économie quantitative

Directrice

Effrosyni Diamantoudi, Université Concordia

Membres réguliers

  • Takashi Kunimoto, Université Concordia
  • Dipjyoti Majumdar, Université McGill
  • Szilvia Papai, Université Concordia
  • Licun Xue, Université McGill