Quelque part entre l'Alaska, le Canada et la Russie



Pour aller de Londres à Tokyo, un navire doit parcourir 23 000 kilomètres par le canal de Panama et 21 700 kilomètres par le canal de Suez. Mais s'il emprunte le Passage du Nord-Ouest, entre l'Alaska, le Canada et la Russie, il n'en parcourra que 15 700. Ce passage, franchi une première fois entre 1903 et 1906 par le Norvégien Roald Amundsen, n'était jusqu'à tout récemment accessible que pendant le très court été arctique. Toutefois, l'évolution du climat dans cette région du globe a entraîné l'affaiblissement de la surface de la banquise, rendant cette voie accessible pendant une bonne partie de l'année. 

L'Équipe de recherche sur les changements géopolitiques dans l'Arctique canadien, dirigée par Frédéric Lasserre de l'Université Laval, étudie l'impact du développement de la navigation commerciale dans cette zone. L'ouverture de ce passage permet d'envisager l'exploitation commerciale des gisements d'hydrocarbures, de métaux et de diamants de la région, ainsi que l'établissement d'une route commerciale stratégique entre le Pacifique et l'Atlantique, et le développement d'une navigation touristique. Les chercheurs de cette équipe s'efforcent d'aider le Canada à mettre au point des politiques de sécurité visant à protéger les communautés nordiques et à réagir à ces changements géopolitiques, qui pourraient remettre en question la souveraineté canadienne dans l'Arctique.

Jusqu'à maintenant, leurs travaux semblent indiquer que la rhétorique au sujet de la « guerre froide » dans l'Arctique ne représente pas une réelle menace, relevant davantage de la politique intérieure des États arctiques. De plus, pour l'instant, les transporteurs maritimes ne semblent pas considérer le Passage du Nord-Ouest comme une voie de navigation intéressante. En revanche, le développement des services aux communautés locales et l'exploitation des ressources naturelles augmenteront le trafic maritime dans la région. Les résultats préliminaires de ces recherches montrent que l'intégration accrue de l'Arctique dans l'économie globale posera des défis sur le plan de la gouvernance économique des retombées de ce développement.

Équipe

Équipe de recherche sur les changements géopolitiques dans l'Arctique canadien

Directeur

Frédéric Lasserre, Université Laval

Membres réguliers

  • Kristin Bartenstein, Université Laval
  • Claude Comtois, Université de Montréal
  • Caroline Desbiens, Université Laval
  • Emmanuel Guy, Université du Québec à Rimouski
  • Louise Lamarre, Université Concordia 
  • Stéphane Roussel, Université du Québec à Montréal