Quand les médicaments servent à autre chose qu'à soigner



L'utilisation de médicaments à des fins autres que médicales progresse chez les jeunes adultes.

Ce phénomène a retenu l'attention de Christine Thoër, professeure-chercheure au Département de communication sociale et publique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), qui a voulu comprendre l'usage que les jeunes font de ces substances et les raisons d'un tel comportement.

Christine Thoër a noté deux usages principaux des médicaments : afin d'accroître la performance et dans un but récréatif.

En menant des entrevues auprès de jeunes de 18 à 25 ans, elle a noté deux usages principaux, le premier visant à accroître la performance et le second dans un but récréatif. Ainsi, les jeunes qui voulaient améliorer leurs performances cherchaient souvent à surmonter ce qu'ils percevaient comme des limites personnelles, à réussir dans un milieu très compétitif ou à maintenir un style de vie effréné où se mêlent études, travail, vie amoureuse et vie sociale. Ils tendaient à banaliser l'usage de ces substances, soulignant que beaucoup d'autres personnes dans leur milieu les utilisaient et qu'elles étaient sûres.

Souvent, les jeunes qui recherchaient un effet récréatif consommaient aussi des drogues illégales. Ils avaient généralement commencé à utiliser des médicaments sur ordonnance à la suite d'un accident ou d'une intervention chirurgicale, ou encore après s'en être fait offrir par leur entourage.

Les résultats des travaux de Christine Thoër ont été présentés notamment lors des congrès de l'Acfas de 2009 et 2012, et à l'École d'été sur les méthodes de recherche en ligne tenue à l'UQAM en mai 2011. Ils ont aussi fait l'objet d'articles dans la revue Drogues santé et société, en plus de servir dans le cadre d'une formation offerte par l'Association des intervenants en toxicomanie du Québec.