Prévenir... mais à quel prix?



Au Canada, une femme de plus de 50 ans sur quatre est atteinte d'ostéoporose, c'est-à-dire d'une fragilité excessive des os qui entraîne un risque accru de fracture.

Outre les coûts sociaux liés aux effets de cette maladie, on estime que les frais de traitement assumés par le système de santé et de services sociaux s'élèvent à près de deux milliards de dollars par an. Beaucoup prétendent que le nombre de fractures et les coûts qui s'y rattachent pourraient diminuer si les efforts en matière de prévention étaient mieux ciblés. Toutefois, à ce jour, rien ne permet de confirmer que de telles mesures préventives seraient rentables. 

Une population virtuelle de femmes de plus de 40 ans a été créée pour permettre aux chercheurs d'évaluer les risques de fractures.

En vue de combler cette lacune et de faciliter la prise de décision en matière de santé publique, Daniel Reinharz, professeur-chercheur au Département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval, et son équipe sont en train de développer un simulateur pour évaluer et comparer le rendement économique de divers modèles susceptibles de contribuer à prévenir des fractures dues à l'ostéoporose.

Ainsi, une population virtuelle de femmes de plus de 40 ans a été créée pour permettre aux chercheurs d'évaluer les risques de fractures qu'entraîne l'adoption de mesures préventives comme l'exercice physique, la consommation de calcium et de vitamine D, et le dépistage des femmes à risque.

Ce simulateur estime ensuite les coûts liés aux événements qui surviennent dans la vie de ces femmes, la durée de vie de celles-ci et le nombre de fractures subies. Les données que fournit le simulateur permettent alors de comparer les modèles préventifs et de déterminer les coûts et l'efficacité de chacun.

Les résultats de cette recherche sont attendus en 2010 par plusieurs organismes québécois en santé publique qui ont déjà manifesté leur intérêt pour ce nouvel outil d'évaluation, qu'ils ont l'intention d'utiliser dans d'autres champs de prévention.