Pratiques évaluatives des orthophonistes scolaires à l'égard des élèves issus de minorités culturelles : une recherche interprétative-critique



Selon le dernier recensement de 2011, la population immigrante au Canada représente 20,6 % de la population totale;

alors que ce chiffre s'élève à 13,6 % pour l'ensemble du Québec et à 22,6 % pour la région métropolitaine de recensement montréalaise. Aujourd'hui, plus de 30 ans après l'adoption de la loi 101, la question de l'intégration linguistique et sociale des communautés culturelles au sein de la société québécoise demeure incontournable. Les institutions scolaires sont des espaces qui en témoignent. Par son caractère complexe et pluridimensionnel, l'intégration des élèves issus de minorités culturelles (ÉMC) au milieu scolaire a imposé de nouveaux défis aux intervenants de l'école québécoise.

Les orthophonistes scolaires sont des professionnels scolaires qui méritent d'être interpelés.

Bien que plusieurs travaux se soient intéressés à l'intégration scolaire et sociale de ces élèves, peu se sont penchés sur les orientations institutionnelles et politiques de même que sur les pratiques des intervenants qui leur sont destinées. Les orthophonistes scolaires, par leurs rôles d'évaluation et de recommandation à l'égard des ÉMC, sont des professionnels scolaires qui méritent d'être interpelés.

Afin de prendre en compte l'avis des orthophonistes elles-mêmes et de dépasser les limites heuristiques et méthodologiques des recherches effectuées autour de cette problématique, nous avons recours à une posture interprétative-critique, fondée sur un triple regard : un regard restitutif basé sur la méthodologie qualitative inductive et l'analyse thématique émergente; un regard contrasté reposant sur la comparaison des données provoquées et invoquées et un regard critique s'appuyant sur des assises conceptuelles foucaldiennes.

À partir des contributions des regards restitutif et contrasté, le regard critique interprète les différentes positions adoptées par les orthophonistes au sein de leurs pratiques évaluatives à l'égard des ÉMC. Les positions de cible et de sujet de pouvoir permettent de situer l'orthophoniste comme acteur agissant dans son milieu professionnel et de documenter le pouvoir descendant et ascendant. Elles sont appréhendées comme support à la position d'instrument de pouvoir, qui, quant à elle, s'intéresse à l'orthophoniste en tant que vecteur du pouvoir.

Chercheure principale

Corina Borri-Anadon, Université du Québec à Montréal

Thèse

Appel de propositions

Dépôt de la thèse : octobre 2014