Pauvreté et monoparentalité : ce que peuvent nous apprendre les comparaisons internationales et interprovinciales croisant situations sociales et politiques publiques



Si dans nos sociétés les familles monoparentales sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les familles biparentales, la proportion de ces familles qui vivent sous les seuils de pauvreté varie beaucoup selon les pays et les provinces canadiennes.

Notre équipe de recherche a voulu regarder du côté des meilleurs de la classe dans la lutte à la pauvreté des familles monoparentales et en tirer des leçons pour le Québec.

La pauvreté des familles monoparentales est un problème structurel qui demande l'intervention de l'État.

À partir d'une base de données internationale, nous avons d'abord examiné la performance des pays. Clairement, les pays nordiques à orientation sociale-démocrate se démarquent, suivis par les pays dits corporatistes, telles la France ou l'Allemagne, et on retrouve en queue de peloton les pays libéraux comme le Royaume-Uni et le Canada. Bien que moins marquées, des différences sont aussi évidentes à l'intérieur du Canada où le Québec remporte les honneurs du premier de classe.

Quelles politiques les États mettent-ils en place pour produire ces résultats si divergents? Nous avons étudié plus en profondeur la France, la Hollande, le Royaume-Uni et la Suède, de même que les quatre provinces canadiennes les plus populeuses.

Nous en tirons quatre leçons principales. Premièrement, la pauvreté des familles monoparentales est un problème structurel qui demande l'intervention de l'État pour y remédier. Deuxièmement, le Québec a remarquablement réussi durant ces dernières années à diminuer le taux de pauvreté chez les familles biparentales, et à un moindre degré chez les familles monoparentales. Troisièmement, les pays qui affichent les meilleures performances mettent en place des politiques qui concernent l'ensemble des familles, et non uniquement les familles monoparentales.

Quatrièmement, les formules gagnantes impliquent de favoriser l'entrée sur le marché du travail des mères de famille monoparentales, en mettant en place des mesures de conciliation travail-famille comme les programmes de garderies à bas tarif, en rendant le travail payant par des programmes de primes au travail et des mesures d'équité salariale, et en assortissant ces politiques de transferts significatifs aux familles.

Chercheure principale

Marie-France Raynault, Université de Montréal

Résumé

Rapport de recherche

Annexes

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : avril 2010