Nura Jabagi en vedette dans CURIUM



Consultez le publireportage de la revue CURIUM (édition juillet 2020),
magazine « science et société » québécois destiné aux adolescents.

Nura Jabagi... Mon patron est un algorithme

Doctorante en gestion des technologies d'affaires à l'Université Concordia

On dit que les meilleures idées viennent sous la douche. Pour Nura Jabagi, c'est dans un Uber que ça s'est passé, au fil de conversations informelles avec des chauffeurs. « Ils me disaient à quel point c'était difficile de travailler pour une « machine » ou un patron invisible. Je me suis simplement demandé comment faire pour améliorer cette situation ! »

Tes travaux portent sur la « gig économie ».
Gig comme dans…

Nura Jabagi : Le terme « gig » vient de l'industrie musicale et fait référence aux performances des musiciens. C'est un nouveau marché du travail basé sur des emplois flexibles, temporaires et indépendants. Et dans lequel les travailleurs sont connectés aux clients via une plateforme en ligne ou une application (Uber, par exemple).

Et le boss ? C'est la machine ?

N.J : La plupart de ces plateformes sont en effet gérées par des algorithmes. Remplacer des gestionnaires humains par des algorithmes qui supervisent, contrôlent, et optimisent les performances des travailleurs permet aux organisations d'offrir des services moins chers et plus efficaces. Mais lorsque nous enlevons l'aspect humain de la gestion, il y a souvent un impact négatif sur les travailleurs.

Ouin. Des algorithmes, ça n'a pas de coeur…

N.J : La gig économie est de plus en plus critiquée pour son traitement inadéquat des travailleurs et ses pratiques douteuses. Pourtant, je crois fermement qu'avec les bons outils et une connaissance éclairée, nous pouvons construire des lieux de travail à la fois rentables et humains. Les technologies de communication mobiles sont une épée à double tranchant. D'une part, elles ont le potentiel d'optimiser le travail et de permettre des modes de vie plus flexibles. D'autre part, les longues heures passées sur l'ordinateur augmentent le niveau de stress et réduisent le bien-être de certains individus. J'ai moi-même souvent bien du mal à me déconnecter de mon cellulaire !

C'est d'actualité ! Comment fait-on pour se prémunir de ce technostress ?

N.J : Les cellulaires et les iPad tendent à enlever les frontières entre notre travail et notre vie personnelle. Ce flou des frontières, c'est ce qui provoque le stress et des perturbations dans l'équilibre travail/vie. Cela peut même mener à un burnout. Avec la pandémie, la maison devient aussi le bureau et/ou l'école. C'est encore plus difficile de se débrancher à la fin de la journée. Mon plus grand conseil, c'est de rester conscient de l'utilisation de nos appareils et de se définir des limites.

Son appli « Coup de coeur »

Pour résister à la tentation numérique : QualityTime. Permet de définir ses limites sur le temps connecté.

Son dicton

Ask more questions, talk less about yourself !
Je crois que les projets de recherche les plus percutants commencent par des conversations et des observations sur les défis quotidiens.

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Consultez le résumé de sa publication primée.