Mieux prévenir le suicide



Tous les jours, partout dans le monde, des milliers de personnes téléphonent à un centre de prévention du suicide dans un état de désespoir suicidaire. La conversation qui se déroule alors est vitale pour prévenir le passage à l'acte. Pourtant, peu de recherches ont été faites sur ce qu'il convient de faire ou de dire pour aider ces personnes suicidaires et les empêcher de commettre l'irréparable. Le Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie, dirigé par Brian Mishara de l'Université du Québec à Montréal et comprenant des chercheurs en psychologie, en sciences infirmières, en médecine familiale et en oncologie, a effectué des recherches au Québec en collaboration avec quatre centres de prévention du suicide. Il a aussi collaboré avec le Substance Abuse and Mental Health Administration, aux États-Unis. Cela a permis de constater que l'approche des intervenants était généralement de deux types : l'écoute active ou l'approche directive centrée sur la résolution de problème. Chez nos voisins du Sud, peu d'intervenants avaient le réflexe de demander à l'appelant s'il avait l'intention de passer à l'acte, ce qui compliquait l'évaluation du risque de suicide.

Les travaux du Centre de recherche ont permis de démontrer qu'une approche centrée sur la résolution de problèmes en collaboration avec l'appelant était nettement plus efficace. Ils ont amené l'organisme, qui gère le réseau de 230 centres de crise américains rattachés au 1 800 SUICIDE, à améliorer ses formations en matière d'évaluation du risque de suicide. Au Québec, ces études ont permis de perfectionner l'approche des centres de prévention du suicide et de s'assurer que les questions directes qui sont posées sur les intentions de suicide et l'évaluation du risque associé répondent aux exigences. Une collaboration avec l'Association québécoise de prévention du suicide a aussi contribué à modifier certains cours de formation accréditée.

Ces nouvelles connaissances sont diffusées et intégrées aux pratiques des intervenants, notamment grâce à plusieurs projets d'application des connaissances impliquant plus de 40 partenaires œuvrant en prévention du suicide et placés sous la direction du chercheur François Chagnon, de l'Université du Québec à Montréal.

Équipe

Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie

Directeur

Brian Mishara, Université du Québec à Montréal

Membres réguliers

  • François Chagnon, Université du Québec à Montréal
  • Marc Daigle, Université du Québec à Trois-Rivières
  • Francine Gratton, Université de Montréal
  • Brian Greenfield, Université McGill
  • Melissa Henry, Université McGill
  • Janie Houle, Université du Québec à Montréal
  • Marie Julien, RRSSS de la Montérégie
  • Réal Labelle, Université du Québec à Montréal
  • Jocelyne F. St-Arnaud, Université de Montréal
  • Danielle St-Laurent, Institut national santé publique
  • Michel Tousignant, Université du Québec à Montréal
  • David Weisstub, Université de Montréal