Mieux comprendre le langage et l'apprentissage



La catégorisation est un processus cognitif qui permet de percevoir et de comprendre les concepts et les objets, de prendre des décisions et d'interagir avec l'environnement. C'est donc un élément clé de l'apprentissage.

L'équipe de recherche Catégorisation et communication humaine et machine, dirigée par Henri Cohen de l'Université du Québec à Montréal et qui inclut des chercheurs en neuroscience, en psychologie, en linguistique et en philosophie, s'intéresse à cette question et ses travaux ont eu des retombées intéressantes. Par exemple, des chercheurs ont créé un outil permettant de quantifier les passés simples par classe de terminaison, ce qui permet de mieux comprendre le processus d'acquisition de ce temps de verbe chez les enfants de langue maternelle et de langues secondes.

Ils ont aussi amorcé un programme de recherche sur le changement linguistique qui porte sur l'évolution de la syntaxe du français depuis les premiers textes. Pour ce faire, ils ont utilisé une méthodologie développée à l'Université de Pennsylvanie grâce à laquelle on peut étiqueter un ensemble de textes couvrant une période donnée, d'abord morphologiquement, puis syntaxiquement, et donc suivre l'évolution des changements linguistiques sur une longue période. Ces travaux permettent d'avoir une meilleure compréhension du changement linguistique et permettent d'identifier les facteurs (linguistiques et statistiques) qui jouent un rôle dans l'acquisition de la grammaire d'une langue.

D'autres chercheurs de cette équipe ont démontré qu'un environnement cognitif complexe, comme la confrontation à des objets 3D, favorise et consolide la compétence d'une nouvelle habileté (ici, la rotation mentale) bien plus que ne le font des informations ou un environnement cognitif plus simples. Ils poursuivent également auprès de sujets sains ou atteints de la maladie de Parkinson un programme de recherche qui vise à préciser les mécanismes et les limites des apprentissages implicites et de nature procédurale. Ces travaux ont déjà montré que les gens qui sont atteints de cette maladie et qui souffrent de déficits en matière d'apprentissage procédural sont observés sur le plan de la consolidation et non de l'encodage (mise en mémoire), révélant ainsi le rôle que jouent les structures atteintes du Parkinson dans ce type d'apprentissage.

Ces résultats ouvrent des perspectives prometteuses dans divers domaines de l'apprentissage et de la réadaptation.

Équipe

Catégorisation et communication humaine et machine

Directeur

Henri Cohen, Université du Québec à Montréal

Membres réguliers

  • Guillaume Chicoisne, Université du Québec à Montréal 
  • Stevan Harnad, University of Southampton, Royaume-Uni 
  • Marie Labelle, Université du Québec à Montréal 
  • Jean-Guy Meunier, Université du Québec à Montréal