Liens longitudinaux entre la criminalité et les jeux de hasard et d'argent : de l'adolescence au début de l'âge adulte



Cet article tente de vérifier l'hypothèse suivante :

dans la mesure où la délinquance et les problèmes de jeu partagent des facteurs de risque communs, un programme de prévention qui vise à réduire les facteurs de risque précoces de la délinquance devrait aussi avoir un impact sur les problèmes de jeu. Le programme de prévention dont il est question comporte trois volets : un volet centré sur les parents et visant à améliorer leurs stratégies disciplinaires et le lien d'attachement parent-enfant, un volet centré sur l'enfant et visant à améliorer ses habiletés sociocognitives et, enfin, un volet centré sur l'enseignant et visant la gestion des comportements sociaux et la promotion du rendement scolaire.

Les garçons ayant participé au programme de prévention affichent moins de problèmes de comportements et de difficultés scolaires.

Les participants à ce programme étaient des garçons jugés agressifs et impulsifs par leur enseignant de la maternelle. Ces garçons, leur famille et leur enseignant ont participé au programme de prévention pendant une période de deux années alors que les garçons étaient âgés entre 7 et 9 ans. Les résultats au cours de la préadolescence ont montré que les garçons qui ont participé au programme affichaient moins de problèmes de comportements et moins de difficultés scolaires que ceux d'un groupe de contrôle initialement réparti au hasard. De plus, ils bénéficiaient d'une meilleure supervision parentale et avaient tendance à s'associer à des amis moins déviants, des facteurs de risque communs à la délinquance et aux problèmes de jeu de hasard et d'argent.

Au plan de la délinquance, les résultats ont montré que les garçons ayant participé au programme de prévention cheminaient sur des trajectoires plus faibles tout au long de l'adolescence que ceux du groupe de contrôle. Leur propension à avoir un dossier criminel au début de l'âge adulte était également à la baisse par rapport à ceux du groupe de contrôle, quoique la différence ne se soit pas avérée significative au plan statistique.

Les résultats au chapitre des problèmes de jeu de hasard et d'argent suivent un profil étonnamment similaire : moins de problèmes à l'adolescence pour les garçons du groupe expérimental comparativement à ceux du groupe de contrôle mais pas de différence significative entre les deux groupes au début de l'âge adulte. Ces résultats sont concordants avec l'hypothèse de départ à l'effet qu'une prévention générique ciblant des facteurs de risque communs en regard des problèmes de délinquance et de jeu peut produire des résultats positifs sur les deux tableaux. Ce constat, toutefois, se limite à l'adolescence. Une approche différente et possiblement complémentaire semble nécessaire en regard des problèmes de délinquance et de jeu au début de l'âge adulte.

Chercheur principal

Frank Vitaro, Université de Montréal

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : janvier 2007