Les secrets de nos ancêtres



Les squelettes de nos ancêtres ont bien des secrets à nous révéler. Grâce à la bioarchéologie, on peut examiner la santé, les origines et l'évolution des populations qui nous ont précédés. C'est dans cet esprit qu'il faut situer les travaux d'Isabelle Ribot, professeure-chercheure en anthropologie à l'Université de Montréal, qui a étudié la population du cimetière montréalais de Notre-Dame, où l'on trouve des dépouilles datant des 17e et 18e siècles.

Les analyses ostéologiques des ossements déterrés ont révélé une foule d'informations.

Cette entreprise a été possible grâce à de nouvelles techniques de prospection, notamment la prospection magnétique, qui a permis de localiser les fosses sans procéder à des fouilles exhaustives. Un collaborateur de l'équipe d'Isabelle Ribot, Peter Leach, a appliqué celles-ci à la recherche de sépultures. Aucune publication n'avait fait mention auparavant de travaux de cette nature au Québec.

Les analyses ostéologiques des ossements déterrés, semblables à celles effectuées par les médecins légistes, ont révélé une foule d'informations. Elles ont confirmé que le pain était l'aliment de base des habitants de Montréal à cette époque. Le maïs, disponible en abondance en Amérique, était pourtant très peu consommé. La diète, très faible en protéines, témoigne d'une population plutôt pauvre. Si l'on compare ces ossements avec ceux que l'on a tirés d'un cimetière anglophone de Québec, on constate un écart sur ce plan. Cette population était plus riche et consommait manifestement plus de viande.

Les résultats sont présentés au musée du Château Ramezay jusqu'au 11 novembre 2012, dans le cadre de l'exposition « Au temps de la petite vérole – Médecins, chirurgiens et apothicaires en Nouvelle-France ». Un squelette a été reconstitué pour l'occasion, et les pathologies ou les carences dont il portait les marques sont expliquées au public. La chercheure a aussi publié des articles dans les revues Recherches amérindiennes au Québec, Bulletins et mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris et American Journal of Physical Anthropology.