Les refuges pour hommes itinérants : lieux de passage ou d'encrage? Analyse du réseau des organismes communautaires comme solution sociopolitique à l'itinérance



Cette thèse a pour objectif de décrire les différentes formes de prise en charge par les refuges d'une population itinérante masculine.

Dans un contexte où les normes en vigueur incitent l'individu contemporain à entretenir un rapport moins étroit avec les institutions, comment les refuges maintiennent-ils les hommes itinérants dans un mode de vie à la rue, tout en leur offrant des outils pour « s'en sortir » et en les poussant hors de l'institution? Puisqu'ils sont centraux dans la vie de ces hommes, puisqu'ils ont connu d'importantes transformations dans leurs pratiques d'intervention au cours des décennies, nous avons voulu qualifier, comprendre et expliquer les multiples réponses proposées aux hommes itinérants à travers les diverses modalités de leur prise en charge.

Le travail qui est fait dans les refuges est nécessaire puisqu'il assure la survie d'une population.

Le travail qui est fait dans les refuges est nécessaire puisqu'il assure la survie d'une population, mais tous les moyens ne sont pas accordés aux refuges pour faire ce travail. Ils prennent ainsi en charge une population laissée pour compte à qui ils doivent apprendre de grandes normes sociales communes, d'autonomie, de prise de responsabilités, entre autres, sans toutefois disposer des ressources pour le faire.

Au moyen d'un ensemble de théories portant sur les institutions sociales et l'existence d'un nouveau programme institutionnel, nous avons cherché à comprendre ce que l'on attend aujourd'hui des individus dans leur rapport aux institutions. À l'aide de nos données, nous avons construit trois idéaux-types du recours aux refuges, qui correspondent à trois formes d'agir.

Cette recherche s'est déroulée entre juillet 2008 et février 2009 dans les trois refuges montréalais pour hommes itinérants : la Old Brewery Mission, Welcome Hall et la Maison du Père. À ce jour, ils reçoivent quotidiennement près de 500 hommes. Tous les hommes itinérants n'utilisent pas les refuges, mais ceux-ci ont constitué la base de notre observation. Nous avons débuté l'enquête par une période d'observation directe afin de nous familiariser avec l'environnement particulier que sont les refuges. À raison d'une quinzaine d'heures par semaine, pendant huit mois, nous avons réparti notre temps de présence dans les trois refuges, alternant les soirs afin d'avoir un portrait complet des activités, des rythmes, etc.

Chercheure principale

Carolyne Grimard, Université du Québec à Montréal

Thèse

Appel de propositions

Dépôt de la thèse : février 2011