Les précurseurs et les corrélats des trajectoires de jeu au début de l'adolescence : un modèle développemental intégré



Une participation précoce à des jeux de hasard et d'argent, soit autour de l'âge de 10 ans, prédit des problèmes de jeu à l'adolescence et à l'âge adulte.

Mais que savons-nous des facteurs d'ordre personnel ou sociofamilial qui prédisent la participation précoce à des jeux de hasard et d'argent? Virtuellement rien. Les deux études présentées dans ce rapport viennent en partie combler cette lacune. Dans la première étude réalisée auprès de 1125 enfants âgés de 10 ans, nous apprenons que la pratique des jeux de hasard et d'argent des parents est associée à la pratique précoce de jeux de hasard et d'argent à l'âge de 10 ans. Deux caractéristiques personnelles chez les enfants constituent aussi des facteurs de prédiction : une faible inhibition, indiquée par un niveau bas d'anxiété et une forte disinhibition, indiqué par un niveau élevé d'impulsivité. Les caractéristiques personnelles se conjuguent de manière additive (et non interactive) avec le jeu des parents pour prédire le jeu précoce chez l'enfant. Dans cette étude, le niveau socio-économique de la famille n'est pas associé au jeu précoce des enfants; par ailleurs, les garçons sont plus à risque de s'engager précocement dans les activités de jeu précoce comparativement aux filles.

Le niveau socio-économique de la famille n'est pas associé au jeu précoce des enfants.

La seconde étude met en scène 205 paires de jumeaux monozygotes. L'utilisation de jumeaux monozygotes permet de contrôler le rôle de la génétique et ainsi mieux faire ressortir le rôle de l'environnement, s'il y a lieu. Les résultats montrent que certaines pratiques parentales, telle la punition et la coercition à l'âge préscolaire, prédisent la participation à des jeux de hasard et d'argent à l'âge de 10 ans. Elles prédisent aussi un faible rendement scolaire et des problèmes d'autorégulation comportementale au début du primaire qui, à leur tour, prédisent le jeu précoce chez les enfants, médiatisant ainsi le lien entre les pratiques parentales et le jeu précoce.

En somme, par leurs comportements de jeu ou par leurs pratiques éducatives, les parents constituent un facteur de risque important à l'égard de la participation précoce de leurs enfants à des jeux de hasard et d'argent. Certaines caractéristiques personnelles des enfants jouent un rôle similaire. Ensemble, elles peuvent être ciblées par des programmes de prévention précoce, d'autant qu'elles sont susceptibles de prédire une variété de problèmes d'adaptation chez les jeunes, pas seulement des problèmes de jeu.

Chercheur principal

Frank Vitaro, Université de Montréal

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : avril 2010