Les jeux de hasard et d'argent. Caractéristiques, déterminants et impacts familiaux



La transmission intergénérationnelle des problèmes de jeu ne semble plus faire de doute.

Toutefois, les mécanismes derrière cette transmission sont peu connus. Chez les adultes, les rares études en génétique du comportement utilisant des devis de jumeaux montrent que près de la moitié de la variance au niveau des problèmes de jeu est expliquée par la transmission d'une vulnérabilité génétique : les enfants de parents aux prises avec un problème de jeu développent à leur tour des habitudes et éventuellement des problèmes de jeu parce qu'ils héritent des gènes qui ont rendu leurs parents initialement vulnérables.

Les mesures d'impulsivité semblent être modérément sous contrôle génétique.

Ces résultats s'appliquent-ils aussi à la pratique précoce des jeux de hasard et d'argent à la préadolescence et aux marqueurs personnels qui y sont associés de manière prédictive, tel l'impulsivité? Pour répondre à cette question, nous avons mis à profit un échantillon de 460 paires de jumeaux que nous avons suivi de manière longitudinale. Les mesures d'impulsivité proviennent d'une tâche réalisée en laboratoire alors que les jumeaux étaient âgés de 7 ans. Les habitudes précoces de jeu des enfants ont été recueillies à l'aide d'un questionnaire auto-révélé lorsque les jumeaux étaient âgés de 12 ans. Enfin, les parents ont aussi fourni des informations sur leurs propres habitudes de jeu lorsque les enfants étaient âgés de 8 ans.

Les analyses montrent que les mesures d'impulsivité, un marqueur connu de problèmes de jeu, sont modérément sous contrôle génétique. Le reste de la variance est expliquée par des facteurs spécifiques à l'environnement de chaque jumeau. La contribution de l'environnement partagé par les deux jumeaux (ex. niveau socio-économique, habitudes de jeu des parents) est virtuellement nulle. À l'opposé, les habitudes précoces de jeu des enfants ne sont pas (ou très peu) sous contrôle génétique. Elles sont sous le contrôle de facteurs liés à l'environnement partagé et non partagé. La suite des analyses montre que les habitudes de jeu des parents constituent l'élément explicatif principal au sein des facteurs liés à l'environnement partagé. À la préadolescence, il est clair que la pratique précoce des jeux de hasard et d'argent découle d'une transmission socio-familiale plutôt que génétique.

Chercheur principal

Daniel Pérusse, Université de Montréal

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : septembre 2010