Les impacts sociaux et psychologiques des jeux de hasard parmi les Cris du Québec



Le jeu représente une activité sociale traditionnelle au sein des sociétés autochtones partout dans les Amériques, y compris chez les peuples de la région subarctique.

Traditionnellement dans les petites collectivités isolées sur le territoire des Cris, le jeu rassemble depuis toujours les gens dans une activité sociale qui redistribue la richesse dans une société fermée. Au cours des dix ou vingt dernières années, le jeu et ses activités connexes ont pris de l'ampleur à mesure que la taille, la complexité sociale et la richesse de la population se sont accrues. Le jeu au sein de ces collectivités et sous contrôle local portait essentiellement sur les équipes sportives locales et régionales, les jeux sur les chiffres, les tirages et les jeux de bingo à la radio.

Le jeu rassemble depuis toujours les gens dans une activité sociale qui redistribue la richesse dans une société fermée.

Plus récemment, une « nouvelle » économie du jeu s'est établie, mais qui échappe au contrôle des collectivités cries. On compte les casinos des régions métropolitaines de Montréal et de Gatineau, mais aussi les appareils de loterie vidéo (VLT) à Val-d'Or, à Chibougamau et à Radisson. Au sein des collectivités, les commerces locaux vendent des cartes à gratter et des jeux sur les chiffres offerts sous licence par Loto-Québec. Trois collectivités cries comptent désormais des appareils de loterie vidéo installés en vertu d'ententes de location-utilisation. Les bénéfices de deux de ces appareils sont réinvestis dans divers programmes pour la collectivité, tandis que le troisième appareil est exploité par une entreprise privée.

Ce projet a pour objectifs de décrire les comportements de jeu par rapport aux facteurs démographiques, sociaux, psychologiques et économiques; de mener un sondage sur le jeu, la dépendance et la santé mentale chez les Cris au moyen d'instruments normalisés, et d'examiner les liens entre les comportements de jeu, la toxicomanie et les problèmes sociaux et psychologiques connexes.

Nos résultats indiquent que des interventions ciblant les désordres liés au jeu ne doivent pas cibler uniquement le jeu, mais plutôt la myriade de comportements dysfonctionnels qui risquent de perturber ces personnes.

Chercheure principale

Kathryn Gill, Université McGill

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : novembre 2010