Les femmes et l'histoire de la médecine



Au XVIIIe siècle, les médecins, principalement des hommes, écrivent sur les maladies de leurs patientes. Au même moment, des auteures écrivent sur leurs propres afflictions.

Ses travaux permettent de jeter un éclairage différent sur l'histoire de la médecine.

S'articule alors entre ces deux perspectives un dialogue qui alimentera la construction de connaissances médicales, comme le montrent les travaux d'Heather Meek. Cette chercheuse en littérature de l'Université de Montréal s'est concentrée sur les ouvrages de plusieurs auteures féminines qui traitent de maladies comme l'hystérie, le cancer du sein ou la tuberculose, de la maternité ou de la théorie des nerfs et du cerveau, ainsi que sur les écrits de médecins de l'époque portant sur ces mêmes sujets.

Ses travaux permettent de jeter un éclairage différent sur l'histoire de la médecine, de laquelle la voix des patients, et notamment des patientes, a souvent été écartée au seul profit du discours des médecins. Ils permettent aussi de mettre en lumière certaines auteures peu étudiées, telles Jane Barker ou Hester Lynch Thrale Piozzi, ou encore certains textes moins connus d'auteures comme Frances Burney.

Cette dernière a rédigé un texte fascinant sur la mastectomie qu'elle a subie à une époque où l'anesthésie générale n'existait pas. Pourtant, malgré le fait que ses romans aient été passablement étudiés, ce texte, lui, a été largement délaissé, ce à quoi les recherches d'Heather Meek permettent de remédier.

Contribuant à la fois à l'avancement des connaissances en littérature et en histoire de la médecine, les recherches d'Heather Meek feront l'objet d'une monographie. La chercheuse a aussi publié un article scientifique sur le sujet dans la revue Literature and Medicine et rédigé un chapitre d'un ouvrage paru aux Presses de l'Université de Toronto. Enfin, elle présente régulièrement ses conclusions devant la Société canadienne d'étude du dix-huitième siècle et sa contrepartie américaine.