Les défis de l'apprentissage à distance



Plusieurs universités ont désormais recours à la vidéocommunication pour enseigner à distance.

Les travaux de Patrick Giroux, chercheur au Département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Chicoutimi, montrent toutefois que les « apprenants distants » connaissent une expérience d'apprentissage fort différente de celle qu'offre l'enseignement traditionnel. Le principal inconvénient de cette nouvelle façon de faire, c'est que l'attention des apprenants distants chute rapidement.

La chute rapide d'attention est le principal inconvénient de l'apprentissage à distance.

Or, le fait d'accorder des pauses à ces étudiants n'a pas vraiment d'effet positif sur leur manque de concentration. Conscients de ce désavantage, plusieurs enseignants élaborent des stratégies pour y remédier. Certains divisent leurs cours de trois heures en trois séances d'une heure par jour. Cet exercice fait des merveilles au chapitre de l'attention, mais augmente l'absentéisme, puisqu'il est difficile de tenir compte de la disponibilité de tous les étudiants. D'autres enseignants concentrent leurs cours et les répartissent, par exemple, sur trois fins de semaine, à raison de deux séances de trois heures par jour.

Les activités pédagogiques jouent aussi un rôle important. Ainsi, les enseignants multiplient les exercices à faire à la maison, mettent en ligne leurs notes de cours, un enregistrement de leurs cours ou des questionnaires, ou organisent des forums de discussion sur le Web. Toutes ces activités ont un effet positif sur l'apprentissage, mais augmentent la charge de travail des enseignants.

Les travaux de Patrick Giroux ont fait l'objet d'un chapitre dans l'ouvrage TIC, technologies émergentes et Web 2.0 : quels impacts en éducation?, ainsi que d'une présentation lors du colloque de l'Association for Teacher Education in Europe qui s'est tenu à Gênes, en Italie.